L'ouverture de la pêche à la truite en net déclin dans l'Aveyron
Le week-end dernier a marqué l'ouverture traditionnelle de la pêche à la truite, mais l'événement n'a attiré qu'un nombre réduit de passionnés au bord de la Sorgue, dans le département de l'Aveyron. Frédéric Forzini, président de l'Association agréée de pêche et de protection des milieux aquatiques (AAPPMA) de Saint-Affrique, dénommée Les Chevaliers de la gaule, constate amèrement cette désaffection.
"De nos jours, l'ouverture de la pêche à la truite n'est plus que l'ombre d'elle-même", déplore-t-il dans les colonnes de Midi Libre. Son association, qui gère les bassins-versants de la Sorgue et du Cernon, fait face à un double défi : peu de pêcheurs et peu de poissons.
Des causes multiples pour une situation alarmante
Selon Frédéric Forzini, les raisons de ce déclin sont nombreuses et complexes. "Pollutions, prédateurs, épisodes cévenols aux mauvais moments, canicules, débits d'étiages faibles, etc.", énumère-t-il. Il insiste sur la nécessité d'adapter la réglementation piscicole à la réalité actuelle du cheptel, et non à celle d'il y a dix ans, pour permettre une gestion plus efficace des ressources.
Des solutions prometteuses mais freinées par le manque de moyens
Pour inverser la tendance, le président de l'AAPPMA préconise de développer l'halieutisme et le soutien des populations piscicoles. "Certains pays européens sont très en avance à ce sujet", note-t-il. Sur la Sorgue, des essais de lâchers d'alevins, de truitelles et de truites adultes sur certains secteurs ont donné des résultats encourageants.
Le problème majeur reste le manque de moyens financiers et humains pour étendre ces initiatives à plus grande échelle. L'association étudie également la possibilité de créer des parcours de pêche payants pour générer des revenus supplémentaires.
Une gestion différenciée entre la Sorgue et le Cernon
La situation varie selon les cours d'eau. Le Cernon est classé en gestion patrimoniale par le schéma départemental de développement du loisir pêche, ce qui signifie qu'aucune intervention humaine n'y est autorisée. "Nous ne pouvons donc rien y lâcher", explique Frédéric Forzini.
La Sorgue amont, entre Cornus et Fondamente, suit le même régime. En revanche, l'aval de Fondamente est en gestion raisonnée, permettant diverses actions pour développer la pêche de loisir :
- Alevinage et déversement de poissons pour augmenter les prises
- Amélioration de la réglementation
- Poursuite du travail d'implantation de l'ombre
Malgré ces possibilités, l'AAPPMA manque cruellement de ressources pour travailler simultanément sur les deux rivières.
Une assemblée générale cruciale pour l'avenir
L'assemblée générale de l'AAPPMA de Saint-Affrique se tiendra le lundi 30 mars à 19 heures à la Maison de l'éducation populaire. Cette réunion sera l'occasion de discuter des stratégies à mettre en œuvre pour redynamiser la pêche à la truite dans la région, malgré les contraintes économiques et environnementales.



