En Gironde, de mars à mai, des pêcheurs sortent des silures de l’eau pour limiter l’impact de cet énorme prédateur sur les espèces migratrices telles que la lamproie, l’alose, l’esturgeon et l’anguille. Une aventure à la fois technique, scientifique et musclée. Reportage en images.
Une opération de grande envergure
Au port de Caudrot, non loin de Langon, le 22 avril 2026 vers 8 heures, la grosse pêche commence. À 8 h 30, trois prises ont déjà été effectuées. Robert Barjolle, pêcheur professionnel, est mandaté par le Centre pour l’aquaculture, la pêche et l’environnement de Nouvelle-Aquitaine (Capena) pour pêcher le silure de mars à mai. Il est accompagné du chargé de mission François Druiyer.
Technique de pêche et mesures
Robert Barjolle se charge de la pêche : la veille, il a disposé une cinquantaine de lignes sur les bords de la Garonne. Chaque prise est mesurée par François Druiyer. En guise d’appât, une truite est accrochée à un hameçon. Ramener la ligne avec la proie au bout est un combat : il faut fatiguer la bête avant de la hisser dans le bateau. En allant dans les branches, le silure tente des manœuvres pour échapper au pêcheur.
Caractéristiques du silure
Le pêcheur glisse sa main protégée par un gant dans la gueule du monstre aquatique dont les dents sont petites mais nombreuses et râpeuses. Le silure est doté d’une tête plate et large avec de petits yeux et trois paires de barbillons. Il est dépourvu d’écailles. Certains spécimens peuvent atteindre plus de 100 kg. Avec une telle bouche, les silures sont capables d’avaler des ragondins et des canards dont on a retrouvé la carcasse dans leurs estomacs.
Impact sur les espèces migratrices
Dans le ventre d’un silure, une belle lamproie à peine digérée est découverte. Il est désormais interdit de pêcher cette espèce en danger d’extinction. Pour inspecter le ventre du silure, François Druiyer enfonce son bras dans l’estomac de la bête. Le technicien a extrait deux aloses du ventre de ce silure. Ce poisson exotique originaire du Danube est très friand d’espèces migratrices : esturgeon, grande alose, lamproie, saumon, etc.
Réglementation et mise à mort obligatoire
Pour sauver les poissons migrateurs, la préfecture de la Région Nouvelle-Aquitaine a rendu obligatoire, depuis février 2026, la mise à mort des silures pêchés. Il est donc interdit de les relâcher. Retour au port avec les spécimens. Sans surprise, la pêche a été très bonne. La sortie a été éreintante.



