Le traditionnel baromètre sur l’attractivité de la France en matière d’investissements étrangers du cabinet EY (ex-Ernst & Young) a livré son verdict : la France séduit toujours mais moins et la Nouvelle-Aquitaine se distingue par son attractivité industrielle.
Un contexte européen difficile
En 2025, les tensions géopolitiques et commerciales ont pesé lourdement sur les investissements directs étrangers (IDE). L’Europe a enregistré 5 026 projets d’IDE, soit -7 % sur un an, et un recul de 25 % des emplois générés (202 186 emplois), au plus bas depuis plus de dix ans. L’Europe est la région du monde la plus touchée. La France résiste, mais recule.
Voilà le résumé du dernier baromètre de l’attractivité de la France en matière d’investissements étrangers réalisé, comme chaque année en cette période, par le cabinet d’audit financier et de conseil EY. Malgré un recul de -17 % en nombre de projets (852 IDE), la France conserve pour la 7e année consécutive sa place de première destination du continent européen, devant le Royaume-Uni (730 projets) et l’Allemagne (548). En emplois créés, la France se classe 2e avec près de 28 000 emplois.
Les sites industriels : 58 % des projets en région
Selon l’étude EY, la région Nouvelle-Aquitaine enregistre une baisse continue du nombre de projets d’IDE : 102 en 2022, 65 en 2023, 49 en 2024, et seulement 45 en 2025, soit -38 % par rapport à la moyenne 2022-2024. Elle se positionne au 7e rang national avec 5 % des projets français, loin derrière l’Île-de-France (27 %) ou Auvergne-Rhône-Alpes (16 %). En 2025, 783 emplois ont été créés, contre 717 en 2024 – une légère progression –, mais on est très loin des niveaux de 2022 (2 793 emplois créés) et 2023 (1 662). La région représente seulement 3 % des emplois générés par les IDE en France, avec une évolution de -55 % par rapport à la moyenne 2022-2024.
Les sites industriels concentrent 58 % des projets (26 sur 45) et 74 % des emplois créés (576 sur 783). Toutefois, ce segment accuse lui aussi une baisse de -32 % en projets et de -44 % en emplois par rapport à la moyenne 2022-2024. Les autres typologies d’activité (centres de services, bureaux commerciaux, R & D) sont encore plus en retrait. Les secteurs qui tirent leur épingle du jeu sont l’aéronautique-aérospatiale (+91 % en projets, +130 % en emplois) et l’énergie (+36 % en projets). À l’inverse, l’automobile, la métallurgie, l’agroalimentaire et la chimie sont en recul.
Une attraction qui n’est pas que bordelaise
À noter, la Gironde concentre 38 % des projets et des emplois de la région (17 projets, 294 emplois), portée principalement par la métropole de Bordeaux (15 projets, 272 emplois), qui se classe 5e métropole régionale française en nombre de projets, à égalité avec Nantes. Les territoires de taille intermédiaire (50 000 à 100 000 habitants), comme Lacq (64) ou Rochefort (17), jouent également un rôle notable, avec 24 % des emplois régionaux portés par de grands projets industriels.
Les principaux pays investisseurs en Nouvelle-Aquitaine sont les États-Unis (22 % des projets), l’Allemagne (18 %) et le Royaume-Uni (9 %). Dans l’enquête réalisée auprès de 200 dirigeants internationaux, Bordeaux est citée par 16 % comme la ville hors Paris la plus attractive pour les trois prochaines années (Lyon 43 %, Marseille 31 %, Toulouse 22 %, Nice 20 %). Les atouts mis en avant : la présence d’entreprises innovantes et de centres de R & D (72 %), la croissance économique (66 %) et la compétitivité industrielle (56 %).



