Des analyses récentes ont mis en évidence la présence de traces d'acétamipride et d'autres néonicotinoïdes dans des échantillons de Nutella et de miels importés, selon une enquête de l'association Générations Futures. Ces substances, pourtant interdites en France pour les cultures en plein champ, continuent de contaminer des produits alimentaires courants.
Des résultats alarmants
L'étude, réalisée en collaboration avec un laboratoire indépendant, a testé plusieurs lots de Nutella et de miels provenant de pays hors Union européenne. Sur les 15 échantillons analysés, 12 contenaient des résidus d'acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes. Les concentrations variaient de 0,01 à 0,12 mg/kg, dépassant parfois les limites maximales de résidus autorisées pour certains produits.
Selon François Veillerette, porte-parole de Générations Futures : "Ces résultats montrent que les consommateurs français sont exposés à des pesticides interdits via des produits importés. Il est urgent de renforcer les contrôles aux frontières."
Des risques pour la santé et l'environnement
Les néonicotinoïdes sont connus pour leur toxicité sur les abeilles et autres pollinisateurs. L'acétamipride, bien que moins toxique que d'autres molécules de la même famille, est suspecté d'être un perturbateur endocrinien. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) avait déjà alerté sur les risques liés à l'exposition chronique à ces substances.
L'enquête révèle également que 40 % des miels importés testés contenaient au moins deux néonicotinoïdes différents, ce qui soulève des questions sur l'effet cocktail. "Il ne s'agit pas seulement d'un problème de conformité réglementaire, mais d'un enjeu de santé publique", ajoute M. Veillerette.
Réactions des industriels
Ferrero, le fabricant du Nutella, a réagi en indiquant que ses produits respectent les normes en vigueur dans les pays où ils sont commercialisés. "Nous suivons des procédures strictes de contrôle qualité et nous nous approvisionnons auprès de filières certifiées", a déclaré un porte-parole. Cependant, l'entreprise n'a pas commenté spécifiquement les résultats de l'étude.
Les importateurs de miel contactés par l'association ont pour leur part évoqué des difficultés à garantir l'absence de résidus dans des filières complexes. Certains ont annoncé des audits supplémentaires de leurs fournisseurs.
Des appels à un renforcement de la réglementation
Générations Futures demande à la Commission européenne d'abaisser les limites maximales de résidus pour l'acétamipride et d'étendre l'interdiction des néonicotinoïdes à l'ensemble des produits importés. L'association interpelle également les autorités françaises pour qu'elles mettent en place des contrôles plus systématiques.
Les consommateurs sont invités à privilégier les miels locaux et les produits certifiés sans pesticides. En attendant, cette affaire relance le débat sur la cohérence des politiques agricoles et commerciales de l'Union européenne.



