Maïsadour modernise son abattoir de Gibret pour doubler la production de canards en Chalosse
Modernisation de l'abattoir de Gibret : Maïsadour double sa production

Maïsadour transforme son abattoir de Gibret en site stratégique après la fermeture de Vic-Fezensac

Au cœur de la Chalosse vallonnée, entouré de champs et de prairies, l'abattoir Delpeyrat de Gibret a achevé sa profonde métamorphose industrielle. Après dix-huit mois de travaux intensifs et un investissement de 3,8 millions d'euros, ce site historique est désormais le seul abattoir de canards du groupe Maïsadour, suite à la fermeture définitive de l'usine Delpeyrat de Vic-Fezensac dans le Gers il y a un an.

Un investissement massif pour doubler la capacité de production

Vincent Robin, directeur de Maïsadour Gastronomie, décrit ce site comme « névralgique » pour le groupe. « Gibret a été ciblé pour doubler sa capacité de production d'abattage, améliorer la qualité des produits et les conditions de travail des collaborateurs », explique-t-il. L'objectif ambitieux est désormais d'abattre 2,7 millions de canards par an, soit le double de la production précédente.

La modernisation s'est concentrée sur plusieurs aspects clés. Une extension de 250 mètres carrés a permis de créer une nouvelle pièce froide dédiée au « ressuage », c'est-à-dire au refroidissement dynamique des carcasses à une vitesse accrue. L'atelier d'Aurice continue de s'occuper du séchage et du fumage des canards, tandis que Saint-Sever se concentre sur les produits transformés comme le foie gras, les produits confits et les plats cuisinés.

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Nouveaux équipements et réorganisation des processus

À l'intérieur de l'usine réaménagée, les changements sont palpables. Un long tapis de refroidissement spécial a été installé pour le foie gras, avec un cycle d'une heure pour préserver cette matière fragile. Didier Dugoujon, directeur de l'usine, précise : « Le poste de retrait des abats a été entièrement repensé avec une table de travail plus ergonomique et un nouvel ordre de retrait des viscères. Cette partie du processus n'est pas mécanisable, elle nécessite un savoir-faire humain. »

La découpe bénéficie également d'une ligne industrielle flambant neuve et plus rapide. Chaque jour, entre 22 et 6 heures, 12 000 canards sont abattus, puis la découpe commence avec une trentaine de salariés positionnés sur deux rangées face-à-face. « Il faut six mois pour maîtriser parfaitement la découpe, avoir le bon geste et travailler en sécurité », souligne Didier Dugoujon.

Formation intensive et recrutement pour accompagner la croissance

Laurent Weinberg, directeur des opérations de Maïsadour Gastronomie, insiste sur l'importance cruciale de la formation : « On a des cadences plus élevées mais ça ne veut pas dire travailler plus vite. On se répartit le travail différemment et on a changé l'ergonomie de certains postes pour que les gens s'usent moins. »

Le site a recruté une trentaine de nouvelles personnes et doit faire face à des défis de recrutement importants. « La moyenne d'âge est assez élevée avec six départs à la retraite cette année », note Laurent Weinberg. En Chalosse, loin des pôles urbains comme Dax ou Mont-de-Marsan, attirer de nouveaux collaborateurs représente un véritable défi. « On cherche à les former au plus vite pour qu'ils se sentent bien et qu'ils restent », ajoute-t-il, mentionnant un partenariat avec France Travail pour faciliter cette opération séduction.

Nouvelles règles et préoccupations des petits producteurs

La modernisation s'accompagne de nouvelles règles de fonctionnement. Le site n'accepte plus de lots inférieurs à 400 canards, une décision qui avait suscité l'inquiétude du Modef (Mouvement des exploitants familiaux) pour les petits producteurs. Didier Dugoujon justifie cette mesure : « C'était lié à des modalités de taille de lots nécessaires pour respecter nos contraintes d'hygiène et de biosécurité. »

Vincent Robin tempère cependant : « La barre a été fixée normalement à 400 canards, mais ce n'est pas rédhibitoire. On reste très souple tout en maintenant certaines règles essentielles. »

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Rappelons que la fermeture de l'abattoir de Vic-Fezensac en mars 2025 avait affecté 49 salariés. Selon Maïsadour, 24 ont été reclassés dans des entreprises du groupe, 22 sont en formation, en intérim ou en recherche d'emploi, et trois se sont lancés dans l'entrepreneuriat.