Une alliance pédagogique et environnementale dans la plaine du Pouget
Dans la Vallée de l'Hérault, une initiative remarquable unit désormais agriculture durable, enseignement pratique et protection rigoureuse de la ressource en eau. Ce lundi 20 octobre, au lycée agricole de Gignac, Véronique Neil, vice-présidente de la Communauté de communes de la Vallée de l'Hérault (CCVH) en charge de l'environnement, et Jean-François Soto, président de la CCVH, ont officiellement paraphé une convention de mise à disposition. Cette signature engage les deux parties dans un projet ambitieux centré sur une parcelle communale de 12 hectares située à L'Aumède, sur la commune du Pouget.
Un terrain d'expérimentation préservé pour les élèves
La parcelle, soigneusement choisie, est préservée de toute utilisation d'intrants chimiques. Elle est mise à la disposition du lycée agricole afin de servir de véritable laboratoire à ciel ouvert. Damien Plouy, directeur de l'établissement, détaille les cultures envisagées : "Nos élèves pourront s'initier à la culture biologique de pistachiers, d'oliviers ou de grenadiers, sans oublier des céréales anciennes." L'objectif est double : offrir un cadre d'apprentissage concret et valorisant, tout en mettant en œuvre une irrigation raisonnée et adaptée au lancement de ces cultures diversifiées.
La protection d'une ressource en eau stratégique au cœur du projet
La localisation de cette parcelle n'est pas anodine. Elle se situe à proximité immédiate du nouveau captage stratégique de L'Aumède. Ce point de prélèvement d'eau, destiné à alimenter à terme les villages du Pouget, de Saint-Bauzille et de Popian, puise dans les nappes alluviales de l'Hérault. Classé prioritaire dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, ce captage a fait l'objet d'un programme d'actions spécifique. La CCVH a ainsi acquis les parcelles agricoles situées dans sa zone prioritaire d'alimentation, une mesure cruciale pour en assurer la protection pérenne et anticiper sa mise en service dans les prochaines années.
Véronique Neil souligne la synergie du dispositif : "Un plan de protection est en vigueur sur ces parcelles. Elles seront utilisées pour mettre nos apprenants en situation réelle d'apprentissage sur différentes cultures. Au-delà du symbole de cet engagement réciproque, ce qui est important, c'est la préservation du patrimoine et d'un savoir-faire." Jean-François Soto abonde dans ce sens, insistant sur la dimension formative : "Maintenir des haies, travailler sur la biodiversité, inculquer une tradition… Ce bail consolide l'action de formation du lycée."
Cette convention représente donc une avancée significative. Elle concilie avec pragmatisme un impératif de santé publique – la protection qualitative d'une ressource en eau potable – et une mission éducative d'excellence, ancrée dans les pratiques agricoles durables de demain. Le lycée agricole de Gignac dispose désormais d'un outil pédagogique exceptionnel pour former ses élèves, tandis que la CCVH sécurise, par une gestion agricole vertueuse, l'avenir de son captage.



