Loi Duplomb : l'Assemblée nationale rouvre le débat sur un texte controversé
Loi Duplomb : débat rouvert à l'Assemblée sur un texte controversé

Loi Duplomb : un retour en force controversé à l'Assemblée nationale

L'Assemblée nationale rouvre, ce 11 février, le débat sur la loi Duplomb, un texte promulgué le 11 août 2025 qui avait suscité une vive opposition citoyenne. En effet, une pétition contre cette loi avait recueilli plus de 2 millions de signatures durant l'été 2025, témoignant d'une inquiétude profonde dans la population.

Une disposition censurée mais un sénateur persévérant

La loi Duplomb consacrait initialement le retour de l'acétamipride, un insecticide reconnu comme dangereux pour la santé et l'environnement. Cependant, cette disposition a été censurée par le Conseil constitutionnel, marquant un premier revers pour ses promoteurs. Malgré cela, le sénateur Laurent Duplomb, membre des Républicains et élu de la Haute-Loire, ne se décourage pas. Il a déposé, le 2 février, une nouvelle proposition de loi visant à réintroduire ce pesticide, interdit en France depuis 2020.

Des dispositions alarmantes qui persistent

En l'état actuel, la loi Duplomb conserve plusieurs mesures préoccupantes :

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  • Facilitation de l'agriculture intensive : elle simplifie l'installation des élevages intensifs et des bassines pour l'irrigation, favorisant des pratiques agricoles controversées.
  • Empêchement des interdictions de pesticides : le texte interdit d'interdire un pesticide, quelle que soit sa toxicité, si aucune alternative n'existe, créant ainsi un risque sanitaire majeur.
  • Retour en arrière sur la régulation : en revenant sur les interdictions des lois Labbé (2017) et EGalim (2018), elle permet aux vendeurs de pesticides d'être également les conseillers des agriculteurs. Cette confusion des rôles augmente le risque de ventes excessives et de surconsommation.

Ces dispositions, que certains envisagent même d'élargir dans une future loi surnommée « Duplomb 2 », sont jugées dangereuses par les experts et les associations environnementales.

Un coût sanitaire et économique considérable

Les pesticides représentent un fardeau économique et sanitaire colossal. L'étude Agrican, qui suit 180 000 agriculteurs français, révèle des données alarmantes :

  • Augmentation des risques de cancer : les agriculteurs déclarent plus de lymphomes que la moyenne nationale, avec une hausse de 50 %. À l'inverse, les consommateurs de produits bio présentent une réduction de ces cancers, variant de 20 % à 76 % selon les études.
  • Risques neurologiques accrus : ils souffrent plus fréquemment de la maladie d'Alzheimer, avec une augmentation de 13 % dès l'âge de 50 ans. Cette tendance est également observée chez les riverains des exploitations agricoles, soulignant l'impact environnemental.

Le maintien de la séparation entre le conseil et la vente de pesticides, tel que prévu par les lois précédentes, permettrait de limiter ces dangers sanitaires. Actuellement, la contamination par les aliments affecte toute la population : si l'espérance de vie globale augmente, l'espérance de vie en bonne santé stagne, selon les données de l'Insee.

Un choix entre contraintes économiques et enjeux sanitaires

La loi Duplomb impose l'utilisation de pesticides toxiques en l'absence d'alternatives, créant un dilemme entre les contraintes économiques des agriculteurs et les impératifs de santé publique. Alors que l'industrie contribue également à cette problématique, il est crucial de réfléchir aux conséquences à long terme. Entre les pressions financières du quotidien et les défis environnementaux, la question de notre bien-être futur reste au cœur des débats.

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