Loi d'urgence agricole : la ministre de l'Écologie pourrait démissionner
Loi agricole : la ministre de l'Écologie pourrait démissionner

Le vote de la loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale pourrait entraîner la démission de la ministre de l'Écologie, Monique Barbut, selon plusieurs sources gouvernementales. Ce texte, qui vise à accélérer les procédures environnementales pour les projets agricoles, est vivement critiqué par les associations écologistes et une partie de la majorité.

Un texte controversé

La loi d'urgence agricole, présentée par le ministre de l'Agriculture, prévoit de réduire les délais d'instruction des dossiers agricoles en assouplissant certaines normes environnementales. Selon le gouvernement, cette mesure est nécessaire pour répondre à la crise du secteur agricole, qui subit les conséquences du changement climatique et des tensions sur les marchés.

Monique Barbut, ministre de l'Écologie, a exprimé à plusieurs reprises son opposition à ce texte, qu'elle juge contraire aux engagements climatiques de la France. "Ce projet de loi sacrifie l'environnement sur l'autel de l'urgence économique", a-t-elle déclaré lors d'une réunion interministérielle, selon une source proche du dossier.

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Un vote décisif

Le vote de l'Assemblée nationale est prévu pour la semaine prochaine. Selon un sondage interne, 45% des députés de la majorité seraient favorables au texte, tandis que 30% y seraient opposés et 25% indécis. La ministre de l'Écologie aurait menacé de quitter le gouvernement si le texte était adopté en l'état.

"Monique Barbut est prête à aller jusqu'au bout de ses convictions. Elle considère que ce texte est une régression écologique majeure", a confié un conseiller ministériel sous couvert d'anonymat.

Les réactions de l'opposition

Les partis d'opposition, notamment les Verts et La France Insoumise, ont dénoncé un "coup de force" contre l'environnement. "Ce gouvernement est en train de démanteler les protections environnementales au profit de l'agro-industrie", a réagi la députée écologiste Sandrine Rousseau.

De son côté, le ministre de l'Agriculture défend le texte en affirmant qu'il permettra de "simplifier la vie des agriculteurs sans remettre en cause les objectifs climatiques".

Un précédent

Cette situation rappelle la démission de la ministre de l'Environnement, Corinne Lepage, en 1995, qui avait quitté le gouvernement Juppé en raison de désaccords sur la reprise des essais nucléaires. Si Monique Barbut venait à démissionner, elle serait la deuxième ministre de l'Écologie à quitter ses fonctions pour des raisons de principe.

L'issue du vote reste incertaine. Le gouvernement pourrait être contraint de revoir le texte pour éviter une crise politique. En attendant, les associations écologistes appellent à une mobilisation devant l'Assemblée nationale le jour du vote.

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