Un éleveur confronté aux crues de la Loire navigue pour sauver sa production laitière
Damien Epaudry, un éleveur installé sur les bords de Loire à Orée d'Anjou, dans le Maine-et-Loire, est habitué aux caprices du fleuve. Cependant, cette année, les inondations exceptionnelles ont particulièrement touché son exploitation agricole, située non loin d'Ancenis. Normalement, ses vaches pâturent dans cette petite commune, mais les crues ont transformé ses champs en un vaste plan d'eau, l'obligeant à adapter ses méthodes de travail de manière ingénieuse.
Une solution maritime pour un problème terrestre
Encerclé par les eaux depuis le 15 février, l'agriculteur a dû ruser pour acheminer son lait vers la terre ferme. Comme le rapportent nos confrères de Ouest-France, il emprunte désormais un bateau pour naviguer au-dessus de ses terres inondées. Il s'agit d'une barge à fond plat, spécialement conçue pour les eaux peu profondes et offrant une stabilité optimale, parfois utilisée pour transporter les animaux vers les îles de la Loire.
Le camion-citerne n'ayant pas pu accéder à sa ferme, Damien Epaudry charge chaque jour sa citerne sur cette embarcation pour transporter environ 2.000 litres de lait. Cette situation rappelle des souvenirs, car la dernière fois qu'il avait dû recourir à ce moyen de transport remonte à 2004, témoignant de la gravité des inondations actuelles.
Une vigilance rouge maintenue dans la région
Le Maine-et-Loire, ainsi que la Loire-Atlantique et la Charente-Maritime, restent en vigilance rouge aux inondations. Selon Lucie Chadourne-Facon, directrice de Vigicrues, les crues « vont se poursuivre ce week-end, voire au-delà ». Elle a précisé que « ce n'est pas parce que la pluie s'arrête que les crues s'arrêtent », soulignant la persistance du risque malgré une éventuelle amélioration météorologique.
Cette situation met en lumière les défis auxquels font face les agriculteurs dans les zones inondables, contraints de trouver des solutions innovantes pour maintenir leurs activités. L'histoire de Damien Epaudry illustre la résilience nécessaire dans un contexte de changements climatiques croissants, où les événements extrêmes pourraient devenir plus fréquents.



