Laurent Marti finalise l'acquisition du château Picque Caillou à Pessac-Léognan
Laurent Marti achète le château Picque Caillou à Pessac-Léognan

Laurent Marti officialise l'acquisition du château Picque Caillou

L'homme d'affaires et président de l'Union Bordeaux Bègles a finalisé ce mardi l'acquisition de la propriété viticole bordelaise où il compte réaliser d'importants investissements. Certainement échaudé par de vifs intérêts n'ayant pu se concrétiser par le passé, Laurent Marti a attendu la signature de l'acte authentique pour s'exprimer publiquement sur cette transaction.

Un projet mûri pendant onze années

Le bruit courrait fort depuis plusieurs mois dans le vignoble bordelais du sérieux penchant du président de l'Union Bordeaux Bègles pour le château Picque Caillou. La transaction s'est finalisée ce mardi en fin d'après-midi. L'homme d'affaires, ayant fait fortune dans le textile, s'offre un domaine de l'appellation Pessac-Léognan, l'un des rares situés dans l'agglomération bordelaise, non loin des prestigieux Haut-Brion ou Pape Clément.

Comment est née l'envie de vous lancer dans cette aventure viticole ?

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Il ne s'agit pas d'un caprice ou d'une idée m'ayant traversé l'esprit l'année dernière en me levant. Cela fait onze ans que je cherche et visite des propriétés. J'ai de la passion pour le vin, les vieilles pierres et la nature. Investir dans un domaine viticole cochait toutes ces cases. Ce vieux projet, j'ai eu le temps de bien le mûrir. En fait, j'ai arpenté tout le vignoble, de Saint-Émilion au fin fond du Médoc, prospectant des dizaines et dizaines de châteaux.

Des opportunités manquées et un contexte difficile

Durant ces onze années, avez-vous eu des touches qui ne se sont pas conclues ?

Forcément ! J'ai eu des coups de cœur ici ou là qui ne se sont pas concrétisés pour toutes sortes de raisons. Souvent, des familles ne parvenaient pas à se résoudre à la vente et parfois, elles pouvaient changer d'avis au dernier moment… Je le comprenais : l'histoire de ces châteaux s'étale sur des générations entières.

Vous achetez dans un contexte économique et commercial bien compliqué. Est-ce que ces derniers temps de crise viticole vous ont fait hésiter ?

Je ne peux pas vous citer tous les membres de ma famille ou amis qui m'ont clairement dissuadé d'acheter, tout particulièrement des proches œuvrant dans le domaine du vin justement. Non seulement ce n'était pas rassurant mais au fur à mesure de mes recherches, la situation n'avait de cesse de se compliquer. Dans la vie, je considère qu'il faut réaliser ses envies, vivre ses passions. Celle-ci était très forte. J'ai fermé les yeux, j'ai foncé, après avoir bien tout analysé.

Un coup de cœur pour Picque Caillou

Pourquoi avez-vous flashé sur ce château en particulier ?

Il y a tout d'abord une petite anecdote au sujet du nom de ce château. La plaine de jeux servant de terrain d'entraînement à l'US Bergeracoise, mon club de rugby, s'appelle justement Picque Caillou. Et puis, sur mon cahier des charges idéal, figuraient l'appellation Pessac-Léognan – j'adore ses vins – ainsi qu'une proximité avec Bordeaux. J'ai déniché le château de rêve : très beau, au milieu d'un poumon vert quasiment en plein centre-ville, à dix minutes de chez moi ou de Chaban [stade Chaban-Delmas, NDLR]. Il y a trois ou quatre ans, j'avais missionné un agent pour entrer en négociation mais il n'était pas encore à vendre. Un jour, j'ai reçu une proposition. Ouah ! C'était une sacrée bonne nouvelle ! Nous étions début août. Au bout de cinq semaines, on s'est tapés dans la main.

Projets d'investissement et développement

Quel type de projet souhaitez-vous mener là-bas ?

Nous allons réaliser des travaux importants comprenant une rénovation des lieux ainsi qu'un agrandissement du cuvier et du chai à barriques. Il nous faut un lieu sympa à visiter et que Stéphane Dief [fondateur du clos Manou, NDLR], notre directeur technique, dispose des bons outils. On compte beaucoup développer l'œnotourisme.

Des passerelles avec l'UBB sont-elles envisagées ?

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Elles se feront indirectement, mais il faut faire la part des choses. Nous avons déjà beaucoup de propriétés sponsors du club. Je n'ai jamais mélangé Kariban [marque de textile créée par Laurent Marti, NDLR] et l'UBB, il n'y aura pas non plus de mélange des genres avec Picque Caillou.

Ambitions viticoles et défense de Bordeaux

Concernant le vin, vous nourrissez des ambitions particulières ?

Je trouve que le vin y est déjà très bon, rouge comme blanc. Nous avons la chance de nous appuyer sur un terroir de qualité et ancestral. Évidemment, nous avons toujours l'ambition de faire mieux, mais la vigne et le climat demandent beaucoup d'humilité. D'ailleurs, je lui trouve des similitudes avec le rugby. Durant toute une année, sans pouvoir contrôler tous les paramètres, il faut bosser dur avant que le couperet ne tombe.

Vous étiez sur le salon Wine Paris en février dernier. Était-ce l'occasion de rencontrer vos futurs voisins ?

C'était plus par curiosité. J'ai aussi mesuré l'ampleur de la tâche, combien nous étions sur un marché d'une complexité incroyable mais je n'arrive pas à accepter tout ce qu'il se passe, et surtout pas le Bordeaux bashing. Les vins de Bordeaux se sont remis en question, ont gagné en qualité et ont réajusté leur prix. Ce dénigrement, si tant est qu'il était fondé un jour, ne l'est plus du tout.