Une rencontre cruciale pour l'avenir du lait de brebis en Occitanie
Ce vendredi 12 avril 2026, une rencontre significative s'est déroulée à La Cavalerie, dans l'Aveyron, entre les producteurs de lait de brebis d'Occitanie et deux députés nationaux. Jean-François Rousset, député aveyronnais et fervent défenseur de la filière ovine, a convaincu Richard Ramos, élu du Loiret, de se rendre sur le terrain pour écouter les difficultés concrètes des éleveurs.
La loi Egalim au centre des préoccupations
Les producteurs, réunis au sein de la jeune association Occitanie brebis laitières, ont exprimé leurs principales inquiétudes lors de cette visite organisée au Gaec du Frayssinel. Le respect de la loi Egalim constitue, selon leurs propres termes, "le principal sujet" de préoccupation. Alain Girard, producteur à Durenque, explique clairement la situation : "Nous, en brebis laitière, on ne peut pas la faire appliquer. Donc aujourd'hui on demande des solutions pour la faire appliquer."
Richard Ramos, député du Loiret habitué aux problématiques des vaches laitières, a reconnu l'importance de cette découverte : "Le monde de la brebis est très peu connu des députés, c'était l'occasion d'une première rencontre. C'est vrai que la loi Egalim est utile, mais elle ne va pas assez loin."
La concurrence étrangère et le manque de transparence
Au-delà des difficultés réglementaires, les producteurs français doivent faire face à une concurrence étrangère particulièrement vive. Sébastien Tressols, producteur pour Le Petit Basque à Cordes-sur-Ciel dans le Tarn, détaille : "Les charges sont moins élevées à l'étranger et ils peuvent mieux valoriser le prix du lait, que ce soit en Espagne ou en Grèce."
La visite des exploitations, dont certaines fournissent directement le lait pour la production du Roquefort, a permis aux élus de constater l'étendue des défis. Sébastien Tressols ajoute : "Mais les problématiques, que l'on produise pour Roquefort ou autre, sont les mêmes. On souffre également d'un manque de transparence avec les industriels et les GMS. On ne sait rien d'eux alors qu'on nous demande beaucoup de transparence."
Vers des solutions législatives concrètes
Cette journée de prise de contact marque le début d'un travail parlementaire prometteur. Richard Ramos annonce : "On proposera de rencontrer les agriculteurs, les transformateurs et les industriels. Le travail démarre du terrain pour qu'on comprenne comment les aider."
Jean-François Rousset, quant à lui, envisage une approche transpartisane, s'inspirant de son succès précédent avec l'amendement sur le Nutri-Score pour les AOP : "Quand je suis monté au créneau, pour porter cet amendement, j'ai dû discuter avec des députés d'autres groupes."
Les producteurs se sont montrés satisfaits de cette écoute attentive. Alain Girard confie : "On a l'impression que l'on n'a pas parlé dans le vide et qu'on a vraiment été écouté." Juliette Beregi, sous-préfète de Millau présente lors des échanges, a également participé à ces discussions fructueuses.
L'Occitanie, région phare de la production laitière ovine
Il est important de souligner que l'Occitanie représente la première région française pour la production de lait de brebis. Cette spécificité régionale contraste avec d'autres territoires comme le Loiret, où dominent les vaches laitières pour la production fromagère. La rencontre de La Cavalerie a donc permis de mettre en lumière les particularités de cette filière d'excellence confrontée à des défis économiques et réglementaires majeurs.
Jean-François Rousset résume l'esprit de cette initiative : "Le travail que l'on entame dans ce bassin servira aux autres, c'est le début d'une histoire qui mérite d'être construite." Les problématiques soulevées lors de cette journée seront désormais portées à l'Assemblée nationale, où des amendements et textes législatifs pourraient voir le jour pour soutenir concrètement les producteurs de lait français.



