Les Jeunes Agriculteurs de Dordogne tirent la sonnette d'alarme
Vendredi 6 mars, les Jeunes Agriculteurs (JA) de Dordogne ont tenu leur assemblée générale annuelle, un rendez-vous crucial consacré aux multiples défis sanitaires et environnementaux qui menacent les exploitations agricoles. Cette réunion intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par l'apparition du premier cas espagnol de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) le 28 février, rappelant la vulnérabilité constante des cheptels français.
Une épée de Damoclès sanitaire au-dessus des têtes
Arthur Galinat, président des JA Dordogne, ne mâche pas ses mots : « Même si nous sommes loin de la ligne de front, nous subissons la peur dans les campagnes ». La DNC, qui a sévi en 2025 et persiste en 2026, ainsi que la tuberculose, créent un climat d'incertitude permanent pour les éleveurs. Pour enrichir les débats, les Périgordins ont invité leurs homologues savoyards, qui ont déjà connu des abattages totaux et le difficile repeuplement des troupeaux.
Le président et le secrétaire général, Simon Tarrade, insistent sur l'urgence d'une réforme des indemnisations : « Il faut sensibiliser les pouvoirs publics. Les barèmes ne sont pas à la page et il faut de la réactivité et de l'accompagnement ». La difficulté à trouver des animaux disponibles pour reconstituer les cheptels après une crise sanitaire aggrave encore la situation.
Les dégâts climatiques s'ajoutent aux crises sanitaires
Au-delà des maladies, les agriculteurs doivent composer avec les aléas climatiques de plus en plus fréquents et violents. Les récents dégâts survenus en février ont mobilisé le syndicat, qui accompagne activement les exploitants dans les démarches liées aux arrêtés de catastrophes naturelles récemment promulgués.
Les responsables des JA pointent également du doigt les conséquences des événements internationaux, comme l'accord du Mercosur – contre lequel le syndicat s'est mobilisé – ou la guerre en Iran, qui pourrait entraîner une hausse du prix du gazole non routier (GNR), carburant essentiel aux machines agricoles.
Le cœur de métier des JA : améliorer le quotidien des agriculteurs
Malgré ces préoccupations immédiates, Arthur Galinat rappelle que la mission fondamentale des Jeunes Agriculteurs reste l'amélioration des conditions de vie des exploitants et le soutien aux installations de nouvelles exploitations. Le syndicat, qui compte entre 150 et 200 adhérents, vient d'élire son conseil d'administration pour deux ans, composé de 34 membres, dont le jeune agriculteur fait à nouveau partie.
Cette assemblée générale a donc souligné la nécessité d'une action coordonnée et rapide face à la multiplication des crises, sanitaires, climatiques et économiques, qui pèsent sur l'avenir de l'agriculture périgourdine.



