Le Parc des Grands Causses s'engage pour la valorisation de la laine
Le Parc naturel régional des Grands Causses (PNRGC) a mis en place une initiative ambitieuse visant à redynamiser la filière laine locale. Les 16 et 17 mars, une formation de deux jours s'est tenue au lycée agricole de la Cazotte, près de Saint-Affrique dans l'Aveyron. Cet événement a rassemblé une soixantaine d'élèves, une dizaine d'éleveurs de brebis et plusieurs personnes extérieures, tous unis par un objectif commun : apprendre à optimiser la qualité et la valeur de la laine.
Théorie et pratique au programme
La première journée a été consacrée à la théorie, avec une présentation en amphithéâtre par Jean Rouanet. Ce dernier a retracé l'histoire de la récolte de la laine en France, évoquant son apogée, son déclin et la reprise actuelle dans les zones rurales, où les valorisations tendent à devenir plus locales ou régionales. À l'aide d'un diaporama, il a détaillé les techniques de tonte et expliqué comment fixer un prix avant que la toison ne rejoigne les circuits de valorisation, comme l'a souligné Roxane Wilhelm Jammes, chargée de mission attractivité et développement sociétal au PNRGC.
Le mardi matin, la formation est passée à la pratique avec quatre ateliers organisés dans une bergerie de l'exploitation agricole de la Cazotte. Encadrés par des enseignants et des professionnels du lycée, dont des équipes de tombeurs et d'attrapeurs, les participants ont découvert les méthodes de tri in vivo. Jean Rouanet et son fils Simon ont installé des tables de tri, démontrant comment étaler la toison sur une claie pour enlever les impuretés. La laine sale, graisseuse et moins fine, ainsi que la paille et les marques de peinture non lavables, ont été écartées. La laine trop courte a également été mise de côté pour éviter les problèmes lors du cardage.
Catégorisation et valorisation de la laine
La laine a été triée en deux catégories principales. Les toisons de qualité, comme celles de la race Lacaune, sont destinées à la matelasserie ou utilisées par la filature Colbert de Camarès pour produire du géotextile, illustrant une valorisation locale prometteuse. Les écarts, trop chargés en matières végétales, sont orientés vers la filière d'exportation. Simon Rouanet, de la société tarnaise Dormilaine, a expliqué que l'objectif est d'améliorer la qualité de la laine lors de la tonte et d'encourager les éleveurs à se regrouper pour obtenir une meilleure valeur ajoutée, en établissant des contacts avec des entreprises locales. Actuellement, sa société paie 1 € le kilogramme de laine triée directement à la sortie de l'élevage.
Ateliers pédagogiques et perspectives d'avenir
L'association Manufacture des pays, basée à Lodève dans l'Hérault, était également présente avec quatre membres. Marie-Hélène Blanchard, animatrice et retraitée lissière, a précisé qu'ils proposent des ateliers de teinture végétale, de feutrage et de filage pour valoriser la laine de la toison au tissage. Par ailleurs, Christine Panis, agricultrice à Lédergues, élève des brebis laitières pour le roquefort et souhaite développer des ateliers pédagogiques dans les écoles primaires. Elle note que la laine est actuellement vendue à bas prix, faute de débouchés depuis la pandémie de Covid-19, alors qu'auparavant elle partait en Chine.
Le PNRGC prévoit de renouveler cette opération le 9 avril à la ferme de Galamans à Montlaur et le 30 juin à la ferme de La Fage sur le Larzac. Pour plus d'informations, contactez le 05 65 61 35 50. Cette initiative souligne l'engagement du parc en faveur d'une économie circulaire et durable, renforçant les liens entre agriculture, artisanat et développement local.



