Foie gras : la vaccination stabilise la production malgré la pression sanitaire
Foie gras : vaccination réussie mais soutien étatique incertain

La filière du foie gras stabilisée grâce à la vaccination

L'interprofession du foie gras, le Cifog, se félicite d'une production stabilisée grâce à la mise en place d'une stratégie vaccinale contre l'influenza aviaire. Malgré une pression sanitaire exceptionnelle en Europe, la filière française a réussi à maintenir son offre à plus de 16 800 tonnes pour l'année 2025, représentant une légère augmentation de 0,25% par rapport à 2024.

Une situation sanitaire toujours tendue

Le contexte reste particulièrement difficile avec 5 762 oiseaux sauvages recensés contaminés et 707 foyers d'influenza aviaire hautement pathogène détectés dans les élevages européens entre août 2025 et mars 2026. Cette crise a fortement impacté les producteurs bulgares et hongrois, pourtant importants dans le secteur.

En France, la situation apparaît mieux maîtrisée avec seulement 121 foyers identifiés durant la saison 2025-2026. Cependant, les conséquences économiques restent significatives, notamment en Pays de la Loire où 1,7 million d'animaux ont dû être abattus dans l'ensemble des filières avicoles, dont 262 550 palmipèdes gras. Ces mesures sanitaires ont entraîné des pertes estimées à 22 millions d'euros, incluant les animaux abattus, les vides sanitaires obligatoires, ainsi que les pertes pour l'accouvage et la transformation.

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Le succès relatif de la vaccination française

La stratégie vaccinale adoptée depuis octobre 2023 a démontré son efficacité selon Fabien Chevalier, président du Cifog. Cette approche préventive intéresse désormais d'autres pays européens confrontés à la même crise sanitaire. Les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Italie réfléchissent sérieusement à mettre en place des programmes similaires de vaccination pour leurs volailles, notamment les poules et les dindes.

Marie Laborde, directrice adjointe du Cifog, souligne cependant que « la protection des canards profite également aux autres filières avicoles », renforçant ainsi l'importance de cette stratégie collective. L'Europe travaille actuellement sur un allègement des mesures de surveillance qui pourrait, selon les estimations du Cifog, diviser les coûts associés par quatre.

Des résultats commerciaux mitigés

Sur le plan commercial, les ventes en magasin ont progressé de 6,9% en volume et de 3% en valeur. La balance commerciale a même gagné 10 millions d'euros d'excédent en un an, atteignant ainsi 35,6 millions d'euros. Cette amélioration s'explique en partie par une baisse significative des importations (-26% par rapport à 2024), conséquence directe des nombreux foyers d'influenza aviaire chez les voisins européens de la France.

Cette diminution des importations compense partiellement la baisse de 4% des exportations françaises sur la même période. Au niveau international, la France, premier producteur mondial de foie gras, a payé un prix élevé pour sa stratégie vaccinale, perdant temporairement son principal client à l'exportation : le Japon.

L'incertitude du soutien étatique

La principale inquiétude de la filière concerne le soutien financier de l'État. La vaccination représente un investissement coûteux dont la viabilité à long terme dépend directement des aides publiques. Or, comme le précise Marie Laborde : « À ce jour, nous n'avons pas d'engagement de l'État sur la poursuite de son soutien, alors qu'il est indispensable ».

L'État a progressivement réduit son soutien financier, passant de 90% à un niveau moins élevé, sans pour autant clarifier ses intentions pour l'année à venir. Cette incertitude pèse lourdement sur les perspectives de la filière, d'autant plus que les discussions avec le Japon reprennent lentement, les autorités nippones envisageant elles-mêmes la vaccination pour leurs poules pondeuses.

La montée en puissance de la Chine

Une nouvelle préoccupation émerge avec la Chine, désormais deuxième producteur mondial de foie gras. Bien que le pays ne puisse actuellement exporter vers l'Europe pour des questions de normes sanitaires, sa progression rapide interroge sur l'avenir de la compétition internationale. La question qui se pose est : jusqu'à quand cette situation perdurera-t-elle ?

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La filière française du foie gras se trouve ainsi à un carrefour stratégique, entre le succès technique de sa vaccination, les incertitudes financières et les défis commerciaux internationaux. La stabilisation de la production constitue une avancée significative, mais sa pérennité dépendra des décisions politiques et économiques des prochains mois.