Un faux départ symbolique pour dénoncer l'exclusion des bovins landais du Salon de l'agriculture
Ce vendredi 20 février 2026, à Saubrigues dans les Landes, une présentation publique a été organisée pour les blondes d’Aquitaine et bazadaises, empêchées de concourir à Paris en raison de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Cinq éleveurs locaux ont programmé un « faux départ des animaux pour le Salon de l’agriculture », un événement qui a pris une résonance particulière avec l'actualité sanitaire.
Une crise sanitaire aux conséquences amères pour les éleveurs
Les derniers mois ont été marqués par des protocoles stricts pour endiguer la propagation de la DNC chez les bovins. Ironie du sort, les éleveurs ont appris le matin même de l'événement que la maladie avait disparu de France et que les zones réglementées étaient levées sur la majorité du territoire. Jean-Pierre Planté, délégué des éleveurs sur la vaccination contre la DNC, exprime son amertume : « Cela montre bien que nos décideurs n’ont pas été à la hauteur de cette crise. » Il critique les « discours changeants » qui ont conduit à l'absence totale de bovins au Salon de l'agriculture de la Porte de Versailles, qui s'ouvre le 21 février.
« La période du salon, c’est pourtant la seule de l’année où l’on entend dans les médias des choses positives sur l’agriculture », ajoute-t-il, soulignant l'importance de cette vitrine pour le secteur.
Une mobilisation pour affirmer la présence des éleveurs landais
Avec l'objectif de « montrer qu’on existe », Jean-Pierre Planté et Hervé Lard ont convaincu les élevages Saint-Aubin, Sillac et Dussau de présenter leurs animaux, privés de concours à Paris. « Il n’y a que dans les Landes que des éleveurs font ça. On est les irréductibles. On ne lâchera rien ! », lance Hervé Lard devant la soixantaine de personnes venues assister à ce faux départ.
Parmi les animaux présentés, Sanka, un taureau de race blonde d’Aquitaine d’Hervé Lard, âgé de plus de quatre ans et pesant près d’1,5 tonne, ne participera jamais à une troisième édition consécutive du Salon. Sa fin de carrière nationale est comparée, avec une pointe d'émotion, à celle du joueur de rugby Uini Atonio.
Des animaux soignés pour un théâtre de l'absurde
Les blondes d’Aquitaine et bazadaises, comme Taussaca, Suadela, Sangaride, Topaze, Roxane et Nirvana, ont été lavées et brossées avec soin pour l'occasion. Leur élégance brute contraste avec la mesquinerie perçue des décisions administratives. Le froment des blondes voisine avec le gris cendré des bazadaises, créant un spectacle poignant sur le parking de la salle de La Mamisèle de Saubrigues.
Un soutien local fort et des préoccupations pour l'avenir
Gracieuse, une retraitée de Saint-Geours-de-Maremne, venue avec son époux, résume le sentiment général : « Il faut soutenir ses éleveurs qui travaillent bien. Sinon, on ne mangera plus que de la merde ! » Pour beaucoup, c'était une première occasion de voir ces bêtes de près, suscitant l'admiration pour le labeur des éleveurs.
Audrey et Ludovic, présents avec leur fils Marius, rappellent les risques du métier : « Pour vivre, les éleveurs ont besoin de leurs bêtes. Qu’on leur abatte leur troupeau entier, c’est totalement injuste. » Les mesures radicales prises dans les élevages touchés par la DNC restent dans toutes les mémoires, alimentant un sentiment d'injustice face aux décisions sanitaires.
Cet événement symbolique à Saubrigues met en lumière les défis persistants de l'élevage face aux crises sanitaires et l'importance de la reconnaissance publique pour ce secteur vital.



