Ce lundi 29 juin, une quinzaine de tracteurs klaxonnant et leurs vignerons à bord ont débarqué devant la salle des fêtes du Plan du Castellet, peu avant le début du conseil communautaire de Sud Sainte Baume. Ils protestaient contre le projet de déviation du Beausset, une infrastructure destinée à limiter le trafic de camions traversant le village pour rejoindre le plateau de Signes. Mais ce projet, bien que largement plébiscité, suscite de vives inquiétudes chez les viticulteurs de l'AOC Bandol, qui craignent de perdre 35 hectares de vignes.
Des géomètres aperçus sur les parcelles
Plusieurs agriculteurs affirment avoir vu « des géomètres prendre récemment des mesures sur certaines parcelles », tout en déplorant une « absence totale d'informations » de la part des élus locaux. Lors d'échanges animés, le président de l'agglomération et maire de Saint-Cyr, Pierre Luciano, a tenté de les rassurer : « Rien n'était fait en catimini », a-t-il assuré, précisant qu'il était en fonction depuis seulement trois mois. Il a promis de « prendre attache avec le préfet de Région, la Chambre de commerce et le Département pour discuter de ce projet, dont nous savons qu'il existe trois variantes. Actuellement, on n'en sait pas plus. »
La variante qui inquiète
Parmi les scénarios étudiés, c'est celui d'une nouvelle route partant du Moulin de la Roque, passant par Le Brûlat et Sainte-Anne du Castellet jusqu'au circuit, qui a déclenché la colère. Selon les viticulteurs, ce tracé « sacrifierait » des vignes d'AOC Bandol. L'un d'eux s'est emporté : « On a des infos ! Il y a des réunions par-ci, par-là. Faut arrêter de mentir aux gens ! » Il a compté que « 35 hectares de bandol sont menacés. On est déjà assez en difficultés comme ça ! Et il ne s'agit pas que de vignes, mais de tout un cadre de vie ! »
Des élus en quête d'informations
La plupart des élus présents ont juré n'être au courant de rien. « Mais nous allons aller à la pêche aux informations », a insisté Pierre Luciano. D'autres, plus anciens, ont expliqué que le projet n'en était « qu'à l'état d'études des différents scénarios » et que « absolument rien n'est acté ». La première adjointe du Castellet, Pauline Daziano, est allée plus loin, affirmant qu'un tel projet était « impossible de par son impact sur les nappes phréatiques et les zones agricoles » et en raison de sa « non-conformité avec le parc naturel régional, le Scot, le PADD, le PLU… » Elle a ajouté que « la commune du Castellet est en train de monter un dossier technique pour le prouver. »
Un dossier sensible pour la nouvelle équipe
Ce nouveau dossier s'ajoute aux défis de la nouvelle équipe communautaire, largement renouvelée après les dernières élections municipales. « Comptez sur nous pour défendre notre territoire », a déclaré le président Luciano. Les agriculteurs sont repartis soulagés d'avoir trouvé une oreille attentive, mais sans être totalement rassurés.



