En 2018, la dune du Pilat a perdu près de quatre mètres de hauteur par rapport à l'année précédente. Mesurée le 23 mai par l'Observatoire de la côte aquitaine (OCA), elle culminait à 106,6 mètres, contre 110,5 mètres en 2017. Cette baisse, qualifiée d'anecdotique par Vital Baude, conseiller régional EELV et co-président de l'OCA, s'inscrit dans un contexte plus large de recul du trait de côte et d'avancée de la dune vers la forêt de La Teste-de-Buch.
Un suivi annuel minutieux
Chaque année, des techniciens de l'OCA arpentent les 2,9 km de long et 616 m de large de la dune pour réaliser des relevés précis. En 2018, trois techniciens, accompagnés d'un vidéaste, ont effectué ces mesures. Le résultat montre une altitude de 106,6 m, la plus basse depuis le début du suivi en 2009, où elle atteignait 108 m. Après une croissance régulière jusqu'en 2017 (108,9 m en 2011, 109,2 m en 2016, 110,5 m en 2017), la dune a donc connu une diminution significative.
Les causes de cette baisse
Le sable s'est déplacé sous l'effet des vents d'hiver, considérés comme normaux par Vital Baude. La crête de la dune migre actuellement vers l'est. Cependant, le co-président de l'OCA reste prudent : la réalité d'un jour peut être différente le lendemain.
Évolution du trait de côte et de la forêt
Les changements les plus notables concernent le trait de côte, avec une érosion marine jugée normale pour la saison. L'hiver a connu quelques tempêtes et une forte houle, sans excès majeur. L'érosion n'est pas uniforme :
- Au nord, l'érosion chronique se poursuit avec un recul de 3 à 5 mètres cette année, pour une moyenne de 4 m par an.
- Au sud, la zone est plus stable avec un recul moyen de 1,5 m.
- Au centre, une zone est plus érodée (5 m de recul), tandis qu'une autre connaît un phénomène d'accrétion, où le sable s'accumule pour former une banquette végétalisée.
Côté forêt, l'érosion éolienne est moindre : la dune a peu gagné au nord, mais continue d'avancer de 3 m par an en moyenne au sud.
L'importance du suivi à long terme
Vital Baude souligne que la dune est un modèle en grand des phénomènes qui ont lieu sur tout notre littoral sableux. Le suivi à long terme permet d'anticiper les évolutions et de réagir aux phénomènes climatiques extrêmes. Il rappelle également l'importance de respecter les aménagements et les espaces naturels, notamment pour les deux millions de touristes qui grimpent chaque année sur la dune, afin de limiter le piétinement des zones végétalisées qui protègent la dune contre l'érosion éolienne.



