Réélu maire d'Andon en mars dernier, David Varrone affiche ses ambitions pour les six prochaines années. À la tête d'un village de 650 habitants, il multiplie les projets et espère faire de sa commune un modèle, notamment en matière d'autonomie alimentaire. Dans un entretien, il revient sur son second mandat, ses priorités et ses relations désormais apaisées avec le président de la communauté d'agglomération du Pays de Grasse (CAPG), Jérôme Viaud.
Un second mandat pour avancer
David Varrone aborde ce nouveau mandat avec l'espoir d'avoir fini de régulariser les dossiers en souffrance. « Aujourd'hui, il faut qu'on avance dans les projets », déclare-t-il. Parmi les chantiers en cours, la réfection du lavoir, en ruine, dont les travaux ont commencé et devraient s'achever fin juillet. Il évoque également l'« Hôtel des voyageurs », un bâtiment dont l'affectation reste à définir.
Un projet ambitieux de restauration scolaire
Le maire met en avant le dossier des restaurants scolaires, un projet de près de 900 000 euros. L'ancienne cuisine de l'école de Thorenc, située à l'étage et inaccessible, sera remplacée par une cuisine de plain-pied dans un ancien bâtiment des pompiers. « On pourra produire davantage de repas que nos besoins à l'école, pour pouvoir en exporter aux personnes qui ne peuvent pas se déplacer ou pour des projets futurs, comme une maison d'accueil rurale pour personnes âgées », explique-t-il.
Vers l'autonomie alimentaire du territoire
David Varrone souhaite fédérer le monde agricole du secteur. La commune a acheté des terrains constructibles et prévoit de créer une légumerie où les agriculteurs locaux pourraient valoriser leurs produits : transformation, soupes, sachets, conserves, en circuit court. L'objectif est d'approvisionner l'épicerie locale et l'école, tout en permettant aux agriculteurs de vendre ailleurs.
Des relations apaisées avec la CAPG
Les rapports avec la CAPG, autrefois tendus, se sont améliorés. David Varrone a eu Jérôme Viaud au téléphone et ils se sont revus. « Ce que je souhaite, c'est qu'une implication aille dans l'intérêt général », déclare-t-il. La porte est ouverte pour collaborer, notamment sur le projet alimentaire territorial.
Transports et commerce : créer un écosystème
Pour développer les transports, le maire estime qu'il faut d'abord créer davantage d'activités dans le haut pays. Les commerces d'Andon (deux restaurants, un snack, un tabac, une laverie) tiennent bien, mais il faut les renforcer en créant un véritable écosystème. Un lycée est en projet, ce qui pourrait dynamiser l'économie locale.
L'impact de la hausse des prix de l'essence
L'explosion des prix de l'essence pourrait avoir un impact négatif sur le porte-monnaie, mais aussi un effet positif : les gens pourraient rester en France métropolitaine et faire tourner l'économie locale. « C'est peut-être l'occasion de venir dans nos territoires en minimisant les coûts », estime David Varrone.
La ruralité, priorité pour 2027
À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, le maire milite pour que la ruralité soit une priorité. Dans les Alpes-Maritimes, l'autonomie alimentaire est réduite. « Tout le monde parle de l'agriculture, mais il faut se donner les moyens de produire », conclut-il.
Les trois priorités de David Varrone
- Bien-vivre : permettre aux habitants de vivre correctement et de s'épanouir.
- Atteindre une autonomie alimentaire : proposer des services de transformation des produits de la cantine, peut-être pour d'autres écoles.
- Une réelle solidarité : accompagner et aider les autres plutôt que les surveiller.



