La clinique vétérinaire belge Equitom obtient enfin le feu vert pour s'implanter à Grézac
Clinique vétérinaire belge Equitom obtient feu vert à Grézac

Un projet de clinique équine enfin sur les rails après des années d'attente

Le dossier aura mis un temps considérable à se dénouer. Après plusieurs années d'interrogations et d'efforts intenses pour se mettre en règle avec la législation française, la société belge Equitom est désormais parfaitement en conformité pour s'implanter sur le sol français. Le feu est définitivement au vert pour l'installation d'une clinique vétérinaire spécialisée pour chevaux à Grézac, dans le Pays royannais.

Un parcours semé d'embûches réglementaires

Confronté à l'Ordre national des vétérinaires qui encadre strictement l'ouverture de ce type d'établissements, le dirigeant d'Equitom, Tom Mariën, a dû procéder à une refonte complète de la structure de sa société. L'obstacle principal résidait dans l'article L. 241-17 du code rural français, qui exige que les vétérinaires soient majoritaires au capital et disposent de la majorité des droits de vote dans leur société.

Cette exigence posait un problème majeur pour Equitom, qui avait conclu un partenariat avec le fonds d'investissement Bencis Capital Partners en 2021. La société belge a donc dû revoir en profondeur l'architecture de sa gouvernance et modifier substantiellement ses statuts. Ce travail de mise en conformité, particulièrement complexe, a finalement abouti après plusieurs mois d'efforts.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un projet ambitieux de plus de 13 millions d'euros

Plus rien ne s'oppose désormais à l'implantation d'Equitom en France, et plus spécifiquement à Grézac, ce petit village de moins de 1 000 habitants situé à proximité immédiate de Royan. Un conseil d'administration de l'entreprise belge, prévu ce samedi 14 février, pourrait officialiser cette annonce tant attendue.

« Nous attendrons la parole publique de Tom Mariën avant de crier victoire. C'est à lui de confirmer son arrivée et certainement pas à nous », insiste Vincent Barraud, président de la Communauté d'agglomération Royan Atlantique (Cara). Il précise que ce projet, dont le budget dépasse les 13 millions d'euros, ne bénéficie d'aucune aide publique.

Une clinique de pointe sur un site préservé

Cette clinique vétérinaire spécialisée proposera des soins médicaux de haut niveau pour les équidés, incluant la chirurgie, la médecine interne, l'orthopédie et l'imagerie médicale avancée. Selon les plans établis, elle sera construite sur une parcelle totale d'environ 21 hectares, dont seulement 3,8 hectares seront artificialisés pour accueillir les bâtiments.

Le reste du terrain sera maintenu en paddocks, spécialement aménagés pour assurer le bien-être et la rééducation des chevaux après les interventions médicales. Le permis de construire, déposé et validé par les services compétents en 2023, « est purgé de tout recours. En cas de confirmation d'Equitom, il faudra juste le proroger », précise l'élu local.

Une filière équine en pleine structuration

Si un collectif de professionnels de la filière équine s'était constitué en Charente-Maritime en 2023 pour réclamer un moratoire sur ce projet, craignant des répercussions négatives sur leurs activités, ce collectif n'a plus fait parler de lui depuis. À l'inverse, les entraîneurs de chevaux de course, dont les meilleurs spécialistes de l'Hexagone sont installés sur la presqu'île d'Arvert, ont toujours accueilli favorablement l'arrivée d'Equitom.

Les élus locaux partagent cet enthousiasme, anticipant déjà les retombées économiques significatives pour le territoire et le développement de toute la filière équine. La Communauté d'agglomération Royan Atlantique, qui a accompagné Tom Mariën durant ces dernières années, envisage même de créer un campus de formations dédié aux métiers du cheval, avant d'élargir progressivement son champ aux domaines du sport, du bien-être et des loisirs.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Des développements complémentaires en cours

Une première formation a d'ailleurs débuté le 18 décembre 2025 à l'hippodrome Royan Atlantique, à La Palmyre, accueillant dix cavaliers d'entraînement. Parallèlement, la création d'une association présidée par Patrick Rémenieras a été décidée. Cette structure, baptisée Centre d'entraînement de l'hippodrome de la Côte de Beauté (CEHCOB), sera dédiée à « l'entretien régulier des pistes d'entraînement, des aménagements paysagers et des installations techniques » de l'hippodrome Royan Atlantique, propriété de la Cara.

L'acquisition du centre équestre du Maine Gaudin en discussion

Avec ce feu vert accordé à Equitom, la question de l'acquisition du centre équestre du Maine Gaudin par la Communauté d'agglomération a été officiellement posée lors de la conférence des maires du vendredi 13 février 2026. La Ville de Royan ayant mis ce site en vente, la collectivité, qui n'avait jusqu'alors formulé aucune proposition d'achat, s'apprête à le faire alors que deux offres émanant de structures privées ont déjà retenu l'attention de la municipalité.

« Dans le cadre de l'écosystème de la filière équine qui se met en place, le maintien du centre équestre dans le domaine public serait logique. On parle d'un petit joyau situé dans la forêt à quelques pas de la mer. La qualité de sol de la piste y est plébiscitée par les cavaliers et les concours de saut d'obstacles nationaux et internationaux ont de fortes retombées économiques », explique Vincent Barraud, qui va rapidement écrire au maire de Royan pour lui signifier l'intérêt de la Cara. Le Domaine a estimé la valeur de ce site à environ 1,1 million d'euros.

Les grandes manœuvres ont donc véritablement démarré du côté de l'Agglomération, avec l'ambition affichée de faire du cheval l'étendard économique et touristique du territoire.