Depuis quelques mois, la classe relais du Lot-et-Garonne expérimente une approche inédite : l'intégration d'un chien pédagogique nommé Snoopy pour aider les élèves en difficulté. « Ah, Snoopy ! » s'exclame le jeune Mayed en enlaçant la boule de poils qui s'approche de lui. Marie Arando, propriétaire de Snoopy et coordinatrice de la classe relais, lui confie la laisse. Pendant que les autres élèves arrivent, Mayed s'occupe du chien.
« Ce chien a vraiment un rôle mobilisateur. Une élève nous a déjà dit qu'elle avait la flemme de venir jeudi, avant de changer d'avis parce que c'est le jour de présence du chien », rapportent Alexia Calligaris, assistante d'éducation, et Caroline Chalret du Rieu, orthopédagogue. Ce jour-là, six élèves sur huit sont présents. Snoopy n'est pas un chien de médiation animale ; il vit sa vie dans la classe, allant d'élève en élève.
Une coordinatrice investie
Marie Arando est coordinatrice de la classe relais depuis deux ans. « Quand je suis arrivée, la classe était hors du lycée, dans un logement de fonction vacant. La proviseure du lycée, Katia Joyeux, nous a proposé une salle dans le lycée professionnel », se souvient-elle. Ce fut un premier pas pour revitaliser ce dispositif qui accueille des élèves en difficulté, en décrochage, avec des problématiques scolaires, sociales ou familiales, sur une courte période de sept semaines, renouvelée trois fois par an.
C'est en tant qu'infirmière scolaire que Marie Arando a découvert le dispositif. Elle a décidé de sauter le pas pour le coordonner. « J'ai trouvé ça passionnant. D'autant que moi aussi j'ai des enfants en difficulté scolaire. » Il a fallu convaincre, car le poste de coordinateur est traditionnellement dévolu à un enseignant. « Comme infirmière, j'étais persuadée que je pouvais apporter quelque chose. »
L'idée de Snoopy
L'idée d'intégrer Snoopy est venue rapidement, guidée par son expérience de mère. « Je trouvais que Snoopy avait un effet apaisant sur mes enfants quand ils étaient agités. » Avant de l'introduire, elle a vérifié la faisabilité juridique et les aspects sanitaires. « Snoopy coche toutes ces cases. Il a même passé quatre heures avec une éducatrice canine dans une zone commerciale, avec des enfants qui courent, des lumières, du bruit… Il n'a jamais bougé une oreille. »
Durant le temps de classe, le jeu reste exceptionnel. « Ce n'est pas un jouet ! » rappelle Marie Arando à chaque nouvelle classe. Snoopy ne fait pas de médiation animale ; il vit sa vie, va d'élève en élève. « Il sent quand un jeune n'est pas bien et souvent, il se met à ses pieds », témoignent les encadrants. Comme Noah, ce jour-là pas au meilleur de sa forme. « Il m'aide à me concentrer quand j'ai du mal à suivre les cours », a confié un élève. Avant chaque nouvelle classe, Marie Arando demande aux élèves et aux parents s'il y a des allergies ou des phobies. Avec l'accord de la proviseure, Snoopy est présent deux jours par semaine. Il offre une respiration à ces élèves, les aidant, à sa façon, à se reconstruire le temps de la classe relais.



