Chanvre et CBD : des producteurs gardois inquiets après l'interdiction alimentaire
CBD : des producteurs gardois inquiets après l'interdiction

À Sabran, dans le Gard, Céline et Sébastien Dalonis, producteurs de chanvre au domaine Manjolive, expriment leur vive inquiétude après l'interdiction par la France de la vente de produits alimentaires contenant du CBD. Depuis le 15 mai, la direction générale de l'alimentation (DGAL) a décidé d'appliquer le règlement européen « Novel food », qui interdit ces produits. Le ministère de l'Agriculture a annoncé une généralisation des contrôles, suscitant colère et incompréhension chez les producteurs de chanvre.

Un amalgame contesté

Les agriculteurs regrettent ce qu'ils considèrent comme un amalgame de la part du ministère. « Le chanvre, qui contient du CBD naturel dans sa fleur, n'a pas à être classé dans la Novel food. Il a toujours été cultivé et consommé », soulignent-ils. Ils comprennent que la molécule de CBD extraite soit considérée comme un nouvel aliment, car elle n'existait pas avant 1997. Mais leurs huiles de chanvre contiennent toutes les molécules actives de la plante, ce qui les rend plus efficaces selon eux. « Le chanvre est la plante qui contient le plus de molécules actives, dont 500 molécules et une centaine de cannabinoïdes », explique Céline Dalonis.

Un choix stratégique pour l'exploitation

Les Dalonis se sont lancés dans le chanvre il y a cinq ans pour poursuivre leur démarche d'agriculture bio, respectueuse de la santé et de la planète. « Nous sommes paysans, nous respectons les règlements, nos produits sont contrôlés et analysés », insistent-ils. Ils dénoncent une injustice : « Le ministère veut interdire des produits sains à base de CBD naturel, alors qu'on entend parler de pesticides, de cadmium ou de PFAS. » Leurs clients, désemparés, les appellent pour exprimer leur incompréhension.

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Des craintes pour l'avenir

Les agriculteurs transforment une partie de leur chanvre en huile et redoutent les contrôles annoncés. « Ils vont avoir l'effet inverse : les gens se tourneront vers internet pour acheter des produits de mauvaise qualité, comme des produits de synthèse. C'est cela qu'il faut interdire ! » prévient Sébastien Dalonis. Selon eux, une éventuelle hausse des intoxications serait due à ces produits dangereux, non aux produits naturels.

Le chanvre représente 25 % du chiffre d'affaires de leur exploitation, soit leurs salaires. « Si on ne peut plus vendre ces produits, cela met en danger notre ferme. Beaucoup d'agriculteurs en France, notamment les maraîchers, ont trouvé leur équilibre grâce au chanvre. Nous sommes 12 000 producteurs de chanvre en France. Avec cette annonce, le marché risque d'être récupéré par les pays voisins », s'alarment-ils.

Un espoir de changement

Dans les prochains jours, les Dalonis espèrent une évolution de la situation. Les syndicats de la filière chanvre, comme l'AFPC, demandent au ministère plus de précisions. Deux pétitions ont été lancées pour défendre la filière. En attendant, ils continuent de se battre pour préserver une agriculture durable et locale.

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