La Cara renforce les liens entre acteurs agricoles du territoire
La Communauté d’agglomération Royan Atlantique (Cara) a organisé fin février une rencontre stratégique avec les collectifs agricoles du territoire. Cette quatrième édition des rendez-vous « agriculture et alimentation » s’est tenue à la salle multiculturelle de Mornac-sur-Seudre, rassemblant trente-sept participants déterminés à faire évoluer les pratiques collaboratives.
Un besoin criant de coopération structurée
Amandine Massé, responsable du service agriculture et alimentation de la Cara, a lancé un constat alarmant : « Au sein de la Cara, la coopération entre les acteurs agricoles n’est pas assez développée ». Contrairement à d’autres territoires mieux organisés, la Cara ne dispose pas de centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural, et peu de collectifs parviennent à émerger durablement.
Huit collectifs agricoles étaient représentés autour de tables disposées en îlots, créant un cadre propice aux échanges. La disposition initiale, plutôt formelle, a rapidement laissé place à des conversations plus détendues lors des mange-debout, symbolisant l’esprit de convivialité recherché.
Des exemples concrets et des besoins exprimés
Christophe Mignon, saunier basé à L’Éguille-sur-Seudre, a partagé son expérience contrastée : « Sur l’île de Ré, les sauniers disposent d’une association forte et dynamique. Ils sont reconnus et peuvent bénéficier de subventions. Ici, c’est chacun pour soi ». Producteur de « Sel en Seudre », il est venu chercher des solutions pour mutualiser les besoins, notamment concernant le personnel et l’achat de contenants à tarifs avantageux.
Le maire de Saint-Sulpice-de-Royan, Christian Pitard, a quant à lui insisté sur le concept de territoire « nourricier », un terme que la Cara souhaite pleinement s’approprier pour faire du Pays royannais une référence en la matière.
La coopération comme condition de survie
Ludovic Benassy, président des Chanvriers des Estuaires, a illustré la nécessité vitale de travailler ensemble : « La production du chanvre est irréalisable à échelle individuelle ». Son collectif, qui réunit dix producteurs sur un large périmètre, repose sur le partage des outils et de la masse de travail, particulièrement lors des récoltes.
Carole Bégaud, conseillère à la Chambre d’agriculture, a souligné l’importance fondamentale des relations humaines, trop souvent négligées. Dans le cadre de son métier, elle organise des projets d’association pour créer des groupes de travail coopératifs et vérifier si « entre eux, le courant passe ».
Des ateliers pratiques et des perspectives d’avenir
La journée était rythmée par des ateliers thématiques sur la division du travail et la cohésion, animés par la Cara et ses partenaires. Amandine Massé a rappelé que « savoir travailler ensemble, ce n’est pas inné, ça s’apprend », justifiant ainsi l’accompagnement proposé.
Certaines filières particulièrement fragilisées, comme l’élevage ou le maraîchage, pourraient tirer un bénéfice majeur de ces dynamiques collaboratives. La rencontre s’est conclue par un repas partagé à base de produits locaux, véritable symbole de cette volonté de créer un territoire à la fois nutritif et nourricier.



