Cacao en Côte d'Ivoire : le prix aux planteurs chute de plus de moitié
Cacao ivoirien : chute historique du prix aux producteurs

Une décision choc pour le secteur cacaoyer ivoirien

Dans les plantations d'Agboville, le cœur de la production cacaoyère ivoirienne bat au rythme d'une annonce gouvernementale qui secoue l'ensemble de la filière. Le mercredi 4 mars, le nouveau ministre de l'agriculture, Bruno Nabagné Koné, a officialisé une mesure radicale : le prix d'achat du cacao aux planteurs est réduit de plus de moitié, passant de 2 800 à 1 200 francs CFA le kilo, soit une baisse de 4,30 euros à 1,80 euro.

Un contexte de crise mondiale

Cette décision intervient dans un climat particulièrement tendu pour les producteurs ivoiriens, qui peinent déjà à écouler leurs stocks et à obtenir le paiement de leurs récoltes. La chute des cours mondiaux du cacao, après avoir atteint des sommets historiques, a précipité le secteur dans une crise profonde depuis décembre 2025.

Le ministre a justifié cette mesure drastique lors de l'ouverture de la campagne de commercialisation intermédiaire, en soulignant l'urgence de la situation. La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, tente ainsi d'endiguer une tempête économique qui menace les fondements mêmes de cette activité cruciale pour son économie.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un calendrier agricole bouleversé

Le système de fixation des prix en Côte d'Ivoire repose traditionnellement sur deux campagnes annuelles :

  • La campagne principale en octobre
  • La campagne intermédiaire en avril

Or, pour l'année en cours, ces deux campagnes ont été avancées d'un mois. Cette modification du calendrier s'explique par plusieurs facteurs convergents :

  1. Les récoltes précoces attribuées aux effets du changement climatique
  2. La demande expresse des planteurs souhaitant disposer de ressources financières avant la rentrée scolaire

Bruno Nabagné Koné a précisé que cette anticipation visait à permettre aux producteurs de "scolariser leurs enfants" en disposant de liquidités au moment opportun.

Des perspectives incertaines

Le prix bord champ est désormais fixé à 1 200 francs CFA le kilo, et cette tarification restera en vigueur jusqu'au 31 août prochain. Cette décision crée un choc considérable pour des milliers de familles de planteurs qui dépendent entièrement de cette culture pour leur subsistance.

L'annonce gouvernementale intervient alors que le secteur cacaoyer ivoirien traverse l'une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. Les producteurs, déjà confrontés aux aléas climatiques et aux fluctuations des marchés internationaux, doivent maintenant composer avec une réduction drastique de leurs revenus.

Cette situation soulève de nombreuses interrogations sur l'avenir de la filière cacaoyère en Côte d'Ivoire, pays dont l'économie reste étroitement liée aux performances de ce secteur agricole stratégique. La capacité des planteurs à absorber ce choc économique conditionnera largement la stabilité sociale et économique des régions productrices dans les mois à venir.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale