De nouveaux travaux ont débuté dans l'enceinte de l'Hôtel Bellevue, à Blaye. La mairie assure qu'il s'agit d'une opération de curage et non d'une démolition du bâtiment. Au pied de la citadelle Vauban, le projet de réhabilitation de l'Hôtel Bellevue semblait au point mort ces dernières années. Mais la présence récente de l'entreprise Donitian Démolition sur le site ce lundi 11 mai, couplée à l'apparition de grilles de protection, a ravivé les spéculations parmi les habitants. Certains craignant une démolition pure et simple de la bâtisse. Pourtant, le nouveau maire de Blaye l'assure : il n'en est rien.
Un curage pour lancer le chantier
« L'Hôtel Bellevue fait l'objet d'un nettoyage intérieur. Ce n'est pas une démolition, c'est un curage en vue de lancer le chantier », déclare Éric Japiot. Le maire reste toutefois prudent concernant la rénovation « annoncée maintes et maintes fois » avant d'être repoussée, puis finalement, presque tombée dans l'oubli. « Les travaux ont été lancés afin de garder le permis de construire actif », souligne-t-il. Pour encadrer le chantier, un arrêté municipal est en vigueur entre le 21 avril et le 31 juillet 2026. Le stationnement et la circulation sont interdits rue Saint-Simon, place de l'Europe et cours du Général-de-Gaulle.
Six ans d'attente pour un projet ambitieux
Grande demeure de pierre de 2000 m², l'ancien Hôtel Bellevue est depuis six ans au cœur d'une ambitieuse rénovation. L'établissement est destiné à devenir un lieu incontournable de la gastronomie et du tourisme en Haute Gironde. Racheté en 2021 par les investisseurs Leslie Kellen et Clarissa Schaefer à son ancien propriétaire sud-africain, l'Hôtel pourrait accueillir Claus Meyer, cofondateur du célèbre restaurant Noma. Lors d'une visite en 2016, le chef danois s'était montré séduit par les produits locaux du Blayais.
Un chantier pharaonique viserait à porter l'offre à une trentaine de chambres haut de gamme, dont une suite VIP de 140 m², ainsi qu'à créer une piscine intérieure d'eau salée, un centre de bien-être et une terrasse abritée au pied de la façade. Une extension est également prévue avec des logements en copropriété situés rue de l'Abbé-Bellemer et bénéficiant des services de l'Hôtel.
Des retards persistants
Pourtant les grands travaux peinent à démarrer. La mairie de Blaye a validé le permis de construire en 2021. Deux ans plus tard, l'architecte Pierre Bories a confirmé que le « projet est toujours d'actualité » et qu'un calendrier allait être fixé « sous trois mois ». Un retard justifié à l'époque par la pandémie du Covid-19, l'éloignement et les problèmes de santé des investisseurs, ainsi que par la frilosité des banques. Relancé par « Sud Ouest », ce lundi 11 mai, le cabinet de Pierre Bories n'a pas répondu à nos sollicitations. Et du côté de l'agence de Royan, Palms Architecte associé au projet en 2020, on assure qu'elle n'est plus sur ce dossier depuis longtemps.
Pour sa part, l'ancien maire Denis Baldès, très enthousiaste en 2020 lors du lancement du projet, assure « ne pas avoir connaissance de ce qui se passe ». Donitian Démolition n'a pas donné suite à nos sollicitations.



