Salon de l'agriculture 2026 : Ludovic Aventin alerte sur la spéculation foncière menaçant l'autonomie alimentaire
Aventin : autonomie alimentaire menacée par spéculation foncière

Salon de l'agriculture 2026 : l'urgence de protéger nos terres agricoles

À l'occasion du Salon de l'agriculture 2026, Ludovic Aventin, fondateur de la société à mission Terra Hominis basée à Boujan-sur-Libron en Occitanie, lance un cri d'alarme. Pour cet entrepreneur engagé dans le soutien aux vignerons via le financement participatif, l'autonomie alimentaire de la France est directement menacée par la spéculation foncière.

Une loi insuffisante face à l'urgence foncière

Interrogé sur la loi sur la souveraineté alimentaire adoptée début 2025, Ludovic Aventin est sans appel : "Cette loi fixe des objectifs quantitatifs mais ignore totalement la question du foncier. Pourtant, avec la moitié des agriculteurs partant à la retraite dans les dix prochaines années, des milliers d'hectares risquent de tomber entre de mauvaises mains."

Le risque selon lui est triple :

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  • Accaparement par l'industrie agroalimentaire
  • Spéculation financière sur des terres devenues rares
  • Détournement de leur fonction nourricière fondamentale

Des terres françaises convoitées à bas prix

La France possède les terres agricoles les moins chères d'Europe, avec un hectare à environ 6 000 € contre 12 000 € en Pologne et 21 000 € en Allemagne. Cette situation, potentiellement avantageuse, devient un piège selon Aventin : "À l'heure où le foncier se raréfie, notamment à cause du réchauffement climatique, ces prix bas attirent les appétits. L'ancien ministre Julien Denormandie l'a documenté dans son livre : investisseurs privés, multinationales et étrangers lorgnent nos terres fertiles."

L'entrepreneur met en garde contre le "basculement d'une agriculture de ferme vers une agriculture de firme", phénomène déjà observé en Afrique avec des sociétés chinoises exploitant intensivement des terres pour alimenter exclusivement leur marché national.

Un colloque sénatorial pour alerter les décideurs

En septembre 2025, Ludovic Aventin a organisé avec le sénateur de l'Hérault Henri Cabanel un colloque intitulé "Foncier agricole et souveraineté alimentaire : la maîtrise de la terre à la table". Cet événement a rassemblé :

  1. Des experts comme Robert Levesque, président de l'AGTER
  2. Des chefs-cuisiniers engagés (Jacques Marcon, Michel Bras)
  3. De nombreux chefs étoilés dont Thierry Marx et Franck Putelat

L'objectif : créer une prise de conscience collective sur l'urgence de protéger notre patrimoine foncier agricole.

Des solutions concrètes proposées

Suite à ce colloque, des propositions concrètes ont émergé :

1. Un fonds agricole national : "Nous proposons la création d'un fonds pour acheter des terres et bâtiments agricoles, les mettant prioritairement à disposition des jeunes agriculteurs", explique Ludovic Aventin. Ce fonds inclurait un système de vente à réméré pour aider les agriculteurs en difficulté.

2. Un financement innovant : Le fonds serait alimenté par :

  • L'épargne retraite (PER)
  • Un système de bonus fiscal
  • La participation citoyenne

"Les Français sont prêts à investir dans des projets où la rentabilité n'est pas le seul moteur. Mon expérience avec Terra Hominis le prouve", assure l'entrepreneur.

3. L'adaptation du dispositif Girardin : Dupliquer en métropole ce mécanisme de soutien aux territoires d'outre-mer permettrait d'acheter du matériel agricole à louer à bas prix aux jeunes installés.

Une mobilisation politique en cours

Le sénateur Cabanel a déjà déposé un "amendement d'appel" au projet de loi de finances fin novembre 2025 pour initier cette réforme. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, qui effectue un tour de France pour écouter les agriculteurs, s'est dite sensible à cette démarche.

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Pour Ludovic Aventin, "autonomie alimentaire et maîtrise foncière sont indissociables". Alors que les spéculations sur les céréales lors de l'invasion de l'Ukraine ont montré notre vulnérabilité, protéger nos terres devient une question de sécurité nationale. "Il s'agit de faire nation, de partager des valeurs communes autour de notre capacité à nous nourrir", conclut-il, appelant à un véritable "Plan Marshall de l'agriculture française".