Loi Duplomb et pesticides : Christian Lannou de l'Inrae souligne les alternatives à l'acétamipride
Alternatives aux pesticides : l'expertise de l'Inrae sur la loi Duplomb

Loi Duplomb et pesticides : le chercheur Christian Lannou de l'Inrae met en lumière les alternatives à l'acétamipride

Alors que l'Assemblée nationale débat ce mercredi 11 février 2026 de la loi Duplomb, portant sur la réintroduction controversée de l'acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes, le chercheur Christian Lannou, directeur scientifique adjoint de l'Inrae, apporte un éclairage crucial sur les alternatives possibles. Dans un entretien exclusif, il rappelle que se passer des pesticides implique une transformation profonde et radicale de la profession agricole, mais que des solutions existent bel et bien.

Un débat politique électrisé autour de l'acétamipride

La réintroduction de l'acétamipride, mesure phare de la loi Duplomb, a été censurée par le Conseil constitutionnel en août 2025, mais continue de polariser les discussions politiques. Portée à nouveau par le sénateur LR de Haute-Loire, Laurent Duplomb, cette proposition de loi suscite des inquiétudes en raison des impacts avérés de ce pesticide sur la biodiversité, la qualité de l'eau et la santé publique. Les enjeux sont particulièrement sensibles pour une partie du monde agricole, qui voit dans cet outil une solution face à des défits agronomiques pressants.

Les alternatives existantes et la nécessité d'une révolution agricole

Christian Lannou insiste sur le fait que des alternatives à l'acétamipride sont non seulement envisageables, mais déjà mises en œuvre dans certaines pratiques. Il cite notamment l'exemple de l'utilisation de larves de chrysopes, comme observé dans un champ de betteraves à Mérouville en Eure-et-Loir, pour combattre les pucerons sans recourir à des produits chimiques. Cette approche biologique illustre le potentiel des méthodes agroécologiques.

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Cependant, le chercheur souligne que l'abandon des pesticides ne se limite pas à un simple remplacement technique. Il exige une refonte complète des systèmes de production, incluant des changements dans les rotations culturales, l'adoption de variétés résistantes, et une meilleure gestion des écosystèmes agricoles. « Se passer des pesticides implique de revoir de manière radicale la façon d'exercer le métier d'agriculteur », rappelle-t-il, mettant en avant la nécessité d'un accompagnement technique et financier pour faciliter cette transition.

Les implications pour l'avenir de l'agriculture française

Le débat autour de la loi Duplomb dépasse la simple question de l'acétamipride pour toucher à l'avenir même de l'agriculture en France. D'un côté, les défenseurs de la mesure arguent de la nécessité de maintenir la compétitivité et la productivité face aux aléas climatiques et sanitaires. De l'autre, les experts comme Christian Lannou plaident pour une accélération de la transition vers des modèles plus durables, moins dépendants des intrants chimiques.

Cette controverse intervient dans un contexte où la pression sociétale pour une alimentation saine et respectueuse de l'environnement ne cesse de croître. Les décisions prises aujourd'hui auront des répercussions à long terme sur la santé des sols, la préservation de la biodiversité et la résilience des exploitations agricoles.

En conclusion, alors que les parlementaires se penchent sur la loi Duplomb, les propos de Christian Lannou servent de rappel essentiel : les alternatives aux pesticides comme l'acétamipride existent, mais leur adoption requiert une volonté politique forte et un soutien concret aux agriculteurs pour opérer une mutation profonde de leurs pratiques. L'avenir de l'agriculture française se joue peut-être dans ce débat, entre tradition chimique et innovation agroécologique.

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