Le metteur en scène Salim Djaferi présente au Festival d'Avignon son spectacle "Bâtir", une fresque historique qui déconstruit avec allant le récit de l'immigration algérienne en France. La pièce, jouée jusqu'au 24 juillet à la FabricA, mêle archives vidéo, témoignages et performance théâtrale pour raconter un siècle d'histoire méconnue.
Un récit collectif et personnel
"Bâtir" s'appuie sur des entretiens réalisés par Djaferi auprès de membres de sa famille et de figures de l'immigration algérienne. Le spectacle retrace le parcours de générations d'Algériens venus travailler en France, de la Première Guerre mondiale aux années 2000. "Je voulais montrer que ces histoires individuelles forment une histoire collective, souvent oubliée", explique le metteur en scène. La pièce inclut des images d'archives de l'INA et des photographies issues de collections privées.
Une mise en scène énergique
Sur scène, six comédiens et un musicien donnent vie à ces récits. La scénographie, conçue par Mathieu Lorry-Dupuy, évoque un chantier de construction, symbole du travail des immigrés. Les comédiens manipulent des briques et des échafaudages, créant une métaphore visuelle de la construction de la société française par ces travailleurs. "Le titre 'Bâtir' évoque à la fois la construction physique des bâtiments et celle d'une identité", souligne Djaferi.
Un accueil critique enthousiaste
Le spectacle a reçu un accueil favorable de la presse. Selon Les Inrockuptibles, "Salim Djaferi signe une pièce nécessaire, portée par une énergie contagieuse". Le Monde parle d'un "spectacle vif et émouvant, qui éclaire un pan méconnu de notre histoire commune". La pièce affiche complet pour plusieurs représentations, preuve de l'intérêt du public pour cette thématique.
Un enjeu mémoriel
"Bâtir" s'inscrit dans une démarche de transmission mémorielle. Djaferi rappelle que l'immigration algérienne a souvent été réduite à des stéréotypes ou à des épisodes violents. "Je voulais montrer la diversité des parcours, les réussites, les difficultés, mais aussi la fierté d'avoir contribué à ce pays", déclare-t-il. Le metteur en scène insiste sur l'importance de ces récits pour les jeunes générations, notamment les enfants d'immigrés.
Une programmation engagée
Le Festival d'Avignon, dirigé par Tiago Rodrigues, a fait le choix de programmer "Bâtir" dans sa section "Villes et territoires", qui met en avant des spectacles ancrés dans des réalités sociales et politiques. Cette édition 2026 accorde une place importante aux questions d'identité et de mémoire, avec plusieurs pièces abordant l'histoire coloniale et post-coloniale.



