L'adaptation théâtrale du crime qui hantait Marguerite Duras
En 1949, un fait divers macabre secoue la France : Claire Lannes assassine sa cousine sourde et muette, la démembre et disperse les morceaux du corps dans différents trains de marchandises traversant le pays. Seule la tête reste introuvable. Ce crime réel, sans mobile apparent, a fasciné l'écrivaine Marguerite Duras pendant des années, devenant le point de départ de sa pièce « L'Amante anglaise ».
Une dissection verbale du crime
Sur scène, la metteuse en scène Émilie Charriot évite toute reconstitution sanglante pour privilégier une dissection verbale intense. Un interrogateur tente de comprendre l'incompréhensible, face à Pierre Lannes, le mari, puis à Claire elle-même, qui livrent leur vérité. Pourquoi ce crime ? Claire ne le sait pas, ou ne le dit pas, laissant planer un mystère troublant.
Émilie Charriot s'empare de ce texte vénéneux avec un parti pris radical : la nudité scénique. Pas de décor superflu, juste la lumière clinique d'Yves Godin pour encadrer la parole et mettre en relief la brutalité des échanges.
Un trio d'acteurs de haut vol
Pour porter cette langue brute, dépouillée de tout pathos, la metteuse en scène réunit un trio d'acteurs exceptionnels : Dominique Reymond, Nicolas Bouchaud et Laurent Poitrenaux. Leur jeu précis et intense donne vie aux personnages, explorant les profondeurs psychologiques de ce drame familial.
« L'Amante anglaise » sera présentée du lundi 2 au samedi 7 mars 2026 au TnBA - Salle Vauthier, avec une séance bord de scène le jeudi 5 mars. Cette adaptation offre une plongée captivante dans l'univers de Duras, où le crime devient prétexte à une réflexion sur l'indicible et l'absurde.



