Huit curistes de Borda relèvent un défi théâtral ambitieux en dix jours
Dans le cadre paisible de la résidence thermale de Borda à Dax, huit résidentes ont accompli une performance artistique remarquable. Ces mystérieuses « filles de la cure » ont préparé et interprété une série de textes théâtralisés en seulement dix jours, un exploit qui a captivé une centaine de spectateurs locaux.
Un spectacle unique né d'un séjour thermal
Cette petite troupe éphémère de huit curistes était accueillie dans l'établissement pour ses trois semaines de soins annuels traditionnels. Elles ont transformé ce séjour dacquois en une aventure créative intense, donnant naissance à la représentation unique baptisée « Bleu Blanc Cure ». L'événement marquait le retour de cette initiative après trois éditions précédentes en 2022, 2023 et 2024, faisant suite à une année 2025 entièrement blanche.
Une exploration théâtrale de l'art contemporain
Le spectacle présentait notamment une saynète centrale mettant en scène trois amis confrontés à l'achat controversé d'un tableau entièrement blanc des années 1970, œuvre d'un peintre imaginaire nommé Antrios, acquis pour la somme astronomique de 200 000 francs (30 000 euros). La pièce explore avec subtilité :
- Les perceptions divergentes face à une œuvre d'art minimaliste
- Les tensions entre valeur artistique et valeur marchande
- La question de la légitimité artistique et des dérives du marché
La dispute qui éclate entre les personnues, entre vexations et blessures morales, trouve finalement une résolution apaisée, accompagnée des notes mélodieuses de handpan qui rythment cette réflexion sur les couleurs et leur absence.
Un travail d'équipe sous pression
Fabienne Grange, originaire du Val-de-Marne et possédant une solide expérience de mise en scène, a encadré avec brio ses compagnes Brigitte, Bridget, Dominique, Lysiane, Nanou, Nicolle et Nicole, avec une apparition remarquée de Gérard. « Le spectacle est monté en dix jours, sur place, après un travail préparatoire sur le choix des thèmes », explique-t-elle. « Il y a des passages chantés, les comédiennes peuvent garder leur texte sous les yeux, il faut être indulgent ».
Cette aventure collective mêlant chants et réflexions profondes sur l'art contemporain a démontré que la création théâtrale pouvait s'épanouir même dans des conditions de temps limité, créant des moments de partage exceptionnels entre artistes amateurs et public local. La question « À l'an prochain ? » plane désormais sur cette initiative qui a su conquérir son auditoire.



