François Cluzet de retour au théâtre après 25 ans avec un thriller psychiatrique à Cannes et Antibes
Cluzet de retour au théâtre après 25 ans avec un thriller psychiatrique

François Cluzet retrouve les planches après 25 ans d'absence avec un thriller psychiatrique

Vingt-cinq ans après sa dernière performance théâtrale, François Cluzet effectue un retour remarqué sur scène avec Encore une journée divine, un seul-en-scène en forme de thriller psychiatrique. L'acteur, désormais installé dans l'arrière-pays cannois, présentera cette pièce au Palais des festivals de Cannes le 18 avril, puis à Anthéa à Antibes les 28 et 29 avril. Dans un entretien téléphonique exclusif, il se confie sur ce choix artistique fort, évoquant la folie, l'exigence du jeu théâtral et la joie de retrouver le public azuréen.

Un texte "monstre" pour un retour en grande pompe

La dernière fois que François Cluzet a foulé les planches, c'était en 2001 dans Jacques et Mylène de Gabor Rassov au théâtre de la Gaîté-Montparnasse. Depuis, l'acteur, célèbre pour ses rôles dans Intouchables ou Ne le dis à personne, a été absent de la scène théâtrale. Il explique cette longue pause par une quête d'exigence : "J'ai attendu un texte fort. Au théâtre, si vous jouez une comédie futile, vous en faites le tour en huit jours. Vous tombez dans le mécanique", confie-t-il. Pour Cluzet, le théâtre est un sacerdoce qui nécessite une matière riche à sculpter.

Il a finalement trouvé ce rôle complexe dans l'adaptation du roman de Denis Michelis par Emmanuel Noblet. La pièce, créée à Aix-en-Provence avant d'être jouée aux Bouffes parisiens, suit Robert, un psychiatre renommé qui, frustré par la stagnation de ses patients, adopte une méthode radicale. L'histoire bascule lorsque Robert se retrouve interné dans un hôpital psychiatrique, où il soliloque et dialogue avec des interlocuteurs invisibles, martelant la phrase Encore une journée divine comme un running gag.

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Un miroir de notre époque sans nuances

Au-delà de la performance d'acteur, François Cluzet voit dans ce rôle un écho cinglant à notre présent. Robert incarne l'homme du "blanc ou noir", du "avec moi ou contre moi". "Nous vivons une époque où la nuance a disparu", regrette l'acteur avec force. "C'est une réduction de l'intelligence à un choix binaire. On le voit partout, dans les régimes totalitaires comme dans nos démocraties. Robert, c'est cela : une force de conviction qui refuse la contradiction".

Cluzet évoque également avec pudeur la crise de la psychiatrie en France, un "tabou" qu'il estime nécessaire de briser. "Il ne faut pas mettre sous le tapis la douleur des autres", insiste-t-il. Pour ce retour sur scène, l'acteur de 70 ans, qui se définit comme un "artiste local", promet de donner le meilleur de lui-même, célébrant ainsi cinquante ans de carrière de façon jubilatoire.

Entre drame théâtral et comédie cinématographique

Dans un grand écart artistique, François Cluzet s'apprête également à briser un autre tabou au cinéma avec Pour le plaisir de Reem Kherici, en salles le 6 mai 2026. Ce long-métrage aborde avec audace la question de l'orgasme féminin, s'inspirant de l'histoire vraie d'un couple allemand ayant mis au point le sextoy révolutionnaire Womanizer. "C'est une comédie sur un sujet dont on ne parle jamais assez", explique Cluzet, qui partage l'affiche avec Alexandra Lamy. "Traiter un sujet aussi intime par le prisme de l'humour est la plus belle des manières de faire tomber les barrières".

Pour Encore une journée divine, l'acteur a consacré un an à apprendre le texte, travaillant chaque phrase avec précision. "C'est pour cela que le fait d'être seul en scène ne m'a pas paniqué : je me sentais accompagné", révèle-t-il. La pièce, construite comme un thriller, tient le spectateur en haleine pendant une heure et demie, explorant les turbulences émotionnelles d'un homme hanté par la disparition de son frère en mer.

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Les représentations auront lieu le 18 avril à 20h30 au Palais des Festivals de Cannes (tarifs de 24 à 40 euros) et les 28 et 29 avril à Anthéa à Antibes (tarifs de 13 à 42 euros). Un retour sur scène qui promet d'être aussi intense que révélateur, mêlant exigence artistique et réflexion sur notre société.