L'humoriste AZ, antihéros du quotidien, s'arrête à Nice et Toulon
Avec son spectacle « Au-dessus de tout », l'artiste s'installe au théâtre de la Cité à Nice le 17 avril, puis au théâtre Le Colbert à Toulon le 18 avril. Il propose un stand-up ciselé, entre lucidité mordante et désenchantement assumé, qui captive le public par son regard décalé sur notre société.
Un humoriste en décalage avec son époque
Différent des autres comiques, AZ semble empli d'un sentiment de décalage avec son époque, où tout paraît susciter un emballement immédiat. Là où certains s'émerveillent sans retenue, lui doute, observe et fait mouche sur scène avec une précision redoutable.
Révélé au Jamel Comedy Club – il était passé avec la troupe à Cannes en 2020 – puis devenu voix familière des Grosses Têtes, l'humoriste poursuit sa tournée avec ce seul-en-scène aussi désabusé que redoutablement lucide. Celui qui avait participé à L'humour à la plage, le grand rendez-vous orchestré par Kev Adams en juillet 2025 à Juan-les-Pins, revient ainsi sur la Côte d'Azur.
Un regard clinique sur les excès contemporains
Dès les premières minutes de son spectacle, le ton est donné. AZ ne s'enthousiasme pour rien :
- Les vacances « all inclusive » ? Une prison à bracelet.
- Le padel ? Une mode qui l'agace profondément.
- Le massage ? Une proximité suspecte et inconfortable.
Chez lui, l'extase a déserté, laissant place à une forme de distance amusée, presque clinique. Un regard en biais sur un monde qui semble, lui, en faire toujours trop.
La mécanique comique du refus
Derrière cette nonchalance revendiquée, l'humoriste ausculte une époque obsédée par l'intensité. Il faudrait « vibrer », « raconter », « exister » en permanence. Avoir une histoire à vendre, un parcours à sublimer, du sport à la nourriture en passant par les loisirs les plus anodins.
Problème : AZ n'a rien à raconter. Et c'est précisément là que le spectacle prend toute sa saveur. Dans ce refus de jouer le jeu, il construit une mécanique comique d'une précision redoutable.
Du désenchantement au terrain de jeu existentiel
Le rire naît de ce décalage permanent. D'un côté, une société en surchauffe émotionnelle ; de l'autre, un homme qui doute, observe et décortique. Même sa tentative de consulter un psy vire à l'absurde, jusqu'à cette conclusion aussi simple que vertigineuse : et s'il n'était pas défaillant, mais simplement lucide ?
Avec une écriture ciselée et un sens aigu de l'autodérision, AZ – qui a co-créé la série Terminal pour Canal+ en 2024 – transforme le désenchantement en terrain de jeu. Il épingle les zélés du quotidien, les accros aux réseaux sociaux, les récits calibrés façon confession télévisée.
Et derrière la légèreté apparente, affleure une question plus profonde, presque existentielle : faut-il forcément être extraordinaire pour exister ?
Informations pratiques
AZ. Au-dessus de tout :
- Vendredi 17 avril à 20h30 au théâtre de la Cité à Nice. Tarifs : 25,90/27,90 euros. Renseignements : theatredelacite.fr
- Samedi 18 avril à 20h30 au théâtre Le Colbert à Toulon. Tarif : 27 euros. Renseignements : lecolbert.fr



