Adrien Béal investit le Théâtre des 13 Vents de Montpellier avec deux pièces distinctes
À Montpellier, le metteur en scène Adrien Béal propose une double programmation au Théâtre des 13 Vents. Il présente d'abord la reprise de sa pièce "Le Pas de Bême", créée il y a une douzaine d'années, suivie de sa nouvelle création intitulée "Dialogue avec ce qui se passe". Ces deux œuvres mettent en lumière un théâtre centré sur la parole et l'improvisation, explorant des dispositifs scéniques alternatifs qui bouleversent les conventions traditionnelles.
"Le Pas de Bême" : la puissance déstabilisante d'un refus silencieux
La pièce "Le Pas de Bême" plonge le public dans l'univers d'un élève qui, un jour, rend une copie blanche. Ce geste apparemment anodin devient un catalyseur de déstabilisation sociale profonde. Adrien Béal explore ici la figure de l'objecteur, non pas sous un angle politique, mais à travers la force d'une "non-action" qui peut surpasser un discours militant.
"Nous nous sommes demandé ce que serait l'objection d'un personnage dont la résistance ne serait pas accompagnée d'un discours ou d'une revendication", confie le metteur en scène. Inspiré par des œuvres comme "Un homme qui dort" de Georges Perec et le personnage de Bartleby avec son célèbre "Je préférerais ne pas", Béal démontre comment l'absence de geste peut produire des effets plus puissants qu'une action construite.
Un dispositif scénique innovant : le quadrifrontal
La pièce utilise un dispositif de quadrifrontal, où le public entoure les acteurs sur quatre gradins, transformant les spectateurs en témoins actifs. Ce choix scénique renforce le principe dramaturgique : prendre ou ne pas prendre la parole devient un enjeu central. Chaque représentation est unique, grâce à une forte composante d'improvisation qui assure une expérience différente à chaque fois.
"Dialogue avec ce qui se passe" : de l'objection à l'attention aux détails
La seconde pièce, "Dialogue avec ce qui se passe", marque un changement de démarche. Le public retrouve une disposition traditionnelle avec un gradin unique, et l'accent passe de l'objection à l'attention portée aux détails du réel. "Ici, des personnages se retrouvent sur scène pour accomplir quelque chose de très ordinaire : peindre un mur", explique Adrien Béal.
L'un des personnages est obsédé par une pensée fugitive qu'il tente de reconstituer, entraînant progressivement les autres dans une exploration collective de l'inattendu. "C'est un spectacle qui s'intéresse aux détails et à la prise de conscience que de nombreuses choses se déroulent simultanément", souligne le metteur en scène. Cette œuvre interroge notre capacité à rester connectés au monde extérieur malgré le flux incessant de l'actualité.
Une cohérence artistique ancrée dans le théâtre de la relation
Ces deux pièces révèlent la cohérence artistique d'Adrien Béal, qui privilégie un théâtre de la relation. Les plateaux sont dépouillés, sans décors superflus, pour laisser toute la place à la parole et aux interactions directes entre les acteurs et le public. "Le plus important, c'est moins de raconter une histoire que de faire du moment de la représentation un moment d'expérience", résume le metteur en scène.
Informations pratiques
"Le Pas de Bême" sera joué le jeudi 12 mars à 19 heures et le vendredi 13 mars à 20 heures. "Dialogue avec ce qui se passe" sera présenté le mardi 17, mercredi 18 et vendredi 20 mars à 20 heures, ainsi que le jeudi 19 mars à 19 heures. Les représentations ont lieu au Théâtre des 13 Vents, Domaine de Grammont à Montpellier, avec des tarifs variant de 8 à 25 euros.



