Gérard Sendra, l’enfant du Faubourg devenu photographe-poète
Chaque dimanche, Midi Libre invite une personnalité biterroise à une pause-café. Cette semaine, rencontre avec Gérard Sendra, un homme de 73 ans qui préfère mille fois parler à travers ses clichés que par de longs discours. Né et grandi dans le Faubourg, il voue un amour inconditionnel à sa ville, Béziers, et à son patrimoine.
Ses photos racontent le canal du Midi, l’Orb, la Méditerranée, les ferronneries d’art, les toits de la cité. Dernièrement, il a travaillé sur « Les visages qui défient l’arène » de la ville de Riquet. Toujours son appareil à la main, il s’émerveille encore du « très beau patrimoine historique de ma ville ! »
Une passion née à 12 ans
C’est à 12 ans que son père lui offre son premier appareil photo. Depuis, même s’il en a changé, il ne le quitte jamais. Surtout à partir de 1968, quand il rencontre Bernadette, d’abord sa muse, puis sa femme.
Dans sa première vie, Gérard était câbleur pour EDF, notamment chez Fournier Grospaud. Il construisait des postes électriques, voyageait partout en France. Le soir, tandis que ses collègues se détendaient, lui partait photographier les villes inconnues. « C’était mon seul moment de liberté », confie-t-il.
La retraite, une nouvelle liberté
Il y a treize ans, Gérard prend sa retraite. « J’avais enfin le temps et la liberté ». Cinq ans plus tard, il rejoint l’équipe du Petit Journal, d’abord comme livreur, puis comme photographe et rédacteur. Il y découvre la photo d’actualité authentique, élargissant son horizon sans délaisser la poésie de ses clichés personnels.
Toujours timide, il continue de fixer le temps biterrois : les travaux du marché au bois, Fonseranes, le parvis de la cathédrale, les Allées, la passerelle de Saint-Jude… Il aime sa ville et ses habitants, pour qui il a toujours un mot, un regard, un sourire.
Ses coups de cœur
- Lieu favori : Le pont Vieux, symbole du Faubourg de son enfance.
- Livre : « Françoise Hardy, Temps d’élégance » d’Alain Wodrascka. Françoise Hardy est sa muse, avec sa femme et sa sœur Patricia. Aux obsèques de Patricia, il a passé « Tant de belles choses » et « Mon ami la rose ».
- Musique : Il écoute « La Baie » d’Étienne Daho, Françoise Hardy, Barbara, Julien Clerc, Lou Reed, Yves Simon, Feu! Chatterton et Cigarettes After Sex.
- Événement : La Feria de Béziers, avec ses fêtards, corridas, spectacles et joie. Et bien sûr, ses propres expositions.
- Photographes inspirants : Robert Doisneau, pour ses scènes de vie parisienne en noir et blanc, et le Biterrois Jean-Claude Martinez, pour son regard sur l’Occitanie et Béziers.
Gérard Sendra continue d’arpenter les rues, ruelles et places, en quête de poésie dans l’inerte, la banalité, un paysage ou un regard. Ses images en noir et blanc parlent pour lui, sans besoin de mots.



