Le comité des fêtes du Vieux Tende a marqué ses 60 ans d’existence lors de sa fête annuelle, les 27 août 2026, sur la place du Traou et la place du Ponte. L’événement a réuni habitants et visiteurs autour d’un apéritif, d’un festin, de danses traditionnelles, de chants en tendasque, de parties de belote et d’un feu d’artifice. Les enfants ont participé à un « escape game », tandis que les touristes ont assisté à une conférence du Musée des Merveilles, à une balade baroque guidée par Nathalie Magnardi, à un atelier sügelli, à un concert de Marine Moletto et à l’inauguration d’une exposition consacrée à un linteau vieux de 500 ans.
Un linteau de 1526, témoin de l’histoire
Le plus ancien linteau du Vieux Tende, daté de 1526, a également été mis à l’honneur. Il témoigne de la présence des Lascaris, qui ont régné sur le village. Ce linteau a été le témoin silencieux de la vie de la place du Ponte : querelles de voisinage, baisers sous son porche, commérages, fêtes, cris d’enfants, passage des bergers vers les alpages, et activité des commerçants et artisans sous les arcades. Il a traversé les années de guerre, notamment le bombardement de 1945 qui a détruit une partie des habitations et des arcades, modifiant radicalement l’aspect de la place. En 1947, il est devenu français avec le changement de la ligne frontalière.
L’exposition « 5 siècles de mémoire autour d’un linteau »
L’exposition « 5 siècles de mémoire autour d’un linteau », visible jusqu’à fin octobre, retrace l’histoire de la place du Ponte. Annie Boulanger a collecté des témoignages, des reproductions de photos et des souvenirs auprès des générations précédentes. « C’est une rétrospective vivante, ce sont des pièces précieuses de notre mémoire collective pour transmettre aux générations futures », a-t-elle déclaré. L’exposition relate les histoires de vie de Teresa Aimone, de Marie Tosello, de Pierre Gaglio avec sa grand-mère Biagina, grâce aux souvenirs d’André Dalmasso et de Mado Riberi, pour qui cette place « ne dormait jamais ! ». Patrick Mari, avec émotion, a évoqué son enfance : « La place du Ponte a été mon premier terrain de football ! On se retrouvait avec les copains, l’artiste peintre Jean-Georges Inca qui habitait à côté... il y avait nos rires, nos cris... ».
Marine Moletto, un retour à la maison
La mandoliniste de renommée internationale Marine Moletto a participé à la fête en donnant un concert dans la chapelle des Pénitents noirs. « C’est un retour à la maison », a-t-elle confié. Après des concerts en Autriche, en Italie, en Corse et dans l’Hexagone, elle a apprécié la proximité avec le public : « Jouer dans cette chapelle est un plaisir. Je retrouve la proximité avec le public. Cela change des grandes salles. Là on laisse faire l’instrument avec les intentions du moment. Ces petites pièces que j’ai choisies de jouer parlent aux gens d’ici et pour l’anniversaire de la fête du vieux Tende elles sont tout à fait appropriées dans un édifice à l’échelle humaine ». Elle a récemment sorti un CD, « Notes de voyages », qui a rencontré un franc succès, et travaille sur de nouveaux projets.



