À Vialas, les secrets de l'ancienne mine d'argent se dévoilent
À Vialas, les secrets de l'ancienne mine d'argent

Jusqu'en octobre, l'ancienne mine d'argent de Vialas se découvre lors de visites guidées organisées par l'office de tourisme Des Cévennes au Mont Lozère. Ce mardi 18 août 2026, Mariette Émile, guide-conférencière, a entraîné neuf visiteurs sur les traces de ce passé industriel du XIXe siècle. Prévue pour durer deux heures, la visite s'est finalement étendue à près de trois heures, tant la guide est passionnée par le site.

Une plongée dans l'histoire industrielle cévenole

La découverte commence par un morceau de galène, ce minerai de plomb argentifère dont était extraite une faible proportion d'argent. Mariette Émile utilise ensuite une maquette pour expliquer le fonctionnement d'un bocard, dont les pilons servaient à broyer le minerai avant son traitement. Cette machine était si emblématique qu'elle a donné son nom au site, historiquement connu comme le site du Bocard. L'association le Filon des anciens a choisi l'appellation « Mine au bois d'argent ».

Après avoir emprunté un sentier d'interprétation accessible librement, le groupe rejoint les vestiges de l'ancienne usine. Le sol est jonché de scories, déchets issus de la fonderie. Cette partie, toujours en cours de fouilles archéologiques, est fermée au public en dehors des visites accompagnées.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un quart de la production française d'argent en 1847

L'exploitation moderne du site commence en 1781. La galène extraite à Vialas est d'abord transportée à dos de mulet jusqu'à Villefort pour y être traitée. Tout change en 1827 avec la construction d'une fonderie sur place. Les bocards et les fours permettent alors de traiter le minerai sur site. L'activité prend une ampleur considérable : en 1847, Vialas fournit à elle seule un quart de l'argent produit en France. Des élèves d'écoles d'ingénieurs viennent même y étudier les procédés employés. Le métal précieux sert notamment à fabriquer des pièces de monnaie.

Des transformations sociales et des conditions de travail difficiles

L'essor de la mine transforme profondément le village. Des habitants des environs deviennent paysans-mineurs, tandis que la compagnie fait appel à des ingénieurs allemands pour leur savoir-faire. Face aux besoins de main-d'œuvre, elle recrute également des ouvriers étrangers, notamment piémontais. Vialas approche alors les 2 500 habitants, contre moins de 500 aujourd'hui. Des logements sont construits pour les ouvriers, et la compagnie développe aussi l'enseignement pour ses salariés et leurs familles.

Mariette Émile raconte également l'envers du décor. Les journées de travail peuvent atteindre douze heures, et la fonderie fonctionne sans interruption. Femmes et enfants participent au tri et à la préparation du minerai, pour des rémunérations inférieures à celles des hommes. Les conditions de travail sont éprouvantes : le traitement de la galène expose notamment les ouvriers aux fumées et aux vapeurs de plomb.

Un déclin suivi d'un abandon qui préserve le site

À partir des années 1870, l'exploitation décline. Les filons s'appauvrissent tandis que le cours de l'argent chute. La mine ferme définitivement en 1894. Paradoxalement, cet abandon a permis de préserver les lieux. La végétation a progressivement repris possession des bâtiments. Aujourd'hui, les vestiges de la fonderie surgissent entre les arbres. Sous la montagne subsistent également quelque 15 km de galeries, interdites au public.

Le contraste fait tout l'intérêt de la visite : là où résonnaient machines et fours, la forêt a repris ses droits. À Mariette Émile de faire entendre, le temps d'une visite, le vacarme disparu du Bocard.

Les prochaines visites ont lieu mardi 25 août et mardi 20 octobre, de 10 h à 12 h, ainsi que les samedis 12 et 26 septembre, 3 et 10 octobre, de 14 h 30 à 16 h 30. La jauge est limitée à neuf personnes. Les tarifs sont de 12 € pour les adultes, 8 € pour les 7 à 18 ans, et un forfait famille à 35 €. La réservation est obligatoire au 06 37 91 66 25. Les indications pour rejoindre le site et le point GPS sont transmises par SMS.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale