Fouilles à Saint-Georges-des-Coteaux : vestiges du Néolithique au XVIIIe siècle
Vestiges du Néolithique au XVIIIe siècle à Saint-Georges

En novembre 2025, des fouilles archéologiques préventives, menées dans le cadre de la tranche 2 de 18 hectares du parc Centre-Atlantique à Saint-Georges-des-Coteaux, ont mis au jour des vestiges allant du Néolithique jusqu'au XVIIIe siècle. Cette parcelle de 6 500 m² a principalement eu une fonction agricole.

Un secteur prometteur

« C'est un secteur où ils sont susceptibles de trouver quelque chose », plaisantait Francis Grellier, vice-président en charge des travaux à l'Agglo de Saintes, le 30 septembre dernier. « Ils », ce sont les archéologues du bureau d'études Éveha, en charge des fouilles préventives sur cette parcelle. « Notre rôle est de libérer le terrain de tous ses vestiges archéologiques », résume Loïc Mazou, responsable de l'opération, joint mi-avril.

Déroulement des fouilles

Le chantier de fouilles s'est tenu du 3 au 27 novembre, sous la direction de Loïc Mazou, archéologue de l'agence Éveha de Poitiers. La première phase, durant une semaine, a consisté en le décapage de la parcelle. « Il faut enlever la terre végétale, éclaire Loïc Mazou. Les vestiges apparaissent très rapidement, 10 à 30 centimètres sous la surface. »

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Découvertes protohistoriques et antiques

Les archéologues ont mis au jour trois fossés protohistoriques (-2 200 avant notre ère à -50) ou antiques (-50 à 500 après notre ère). Leur fonction reste incertaine : enclos, limite parcellaire ou vocation défensive ? « Ce qui semble ressortir de ces fossés parallèles, c'est leur installation précoce, à la période gauloise possiblement, indique Loïc Mazou. L'un des fossés protohistoriques a été recreusé plus récemment et figure au cadastre napoléonien, datant du XIXe siècle. »

De 80 cm à 1,5 m de large et profonds de 80 cm, ils pourraient être liés aux pâturages ou à l'agriculture. Aucune habitation n'a été découverte.

Fosse de chasse et céramique

Une autre fosse a un profil en Y. Profonde de 1,8 m, large de 80 cm en haut et de 30 cm au fond, il se pourrait qu'il s'agisse d'une fosse de chasse. « On va utiliser le conditionnel mais ça ressemble fortement à ça », pose l'archéologue. Un morceau de bois relativement bien conservé a aussi été exhumé, mais aucune hypothèse n'a encore été formulée quant à son usage.

Autre découverte : de la céramique de Lezoux rouge-orange, datant de la période gallo-romaine. « C'était de la production industrielle, on en retrouve dans toute la Méditerranée. » Il s'agit d'un bol en céramique sigillée - Dragendorff 37, de la vaisselle de table datant entre 160 et 220 de notre ère.

Période médiévale et moderne

Bond dans le temps, au Moyen Âge (500 à 1 500). Une sépulture probablement mérovingienne (entre VIIe et VIIIe siècles) a été découverte. « Le corps était très dégradé et on a trouvé une fibule ansée, bien conservée, permettant d'attacher une capeline, développe Loïc Mazou. C'est assez rare de retrouver des bijoux. Cette fibule se trouvait sous le menton de la personne. »

Une autre sépulture, plus récente, remonterait à l'Époque moderne (1500 à 1789). Particularité, elle a été placée dans un sarcophage de calcaire réalisé à la hâte. « Ceux qui les ont mis au jour n'ont pas voulu les jeter et les ont remis dans ce petit sarcophage, explique l'archéologue. On sait qu'il y a les restes au moins de deux personnes car il y a trois tibias. »

Non loin, une seconde fouille a lieu ces dernières semaines et ce jusqu'au 22 mai, sur une zone beaucoup plus étendue de 8,5 hectares.

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