Sous la colline du Château à Nice, les abris secrets de la Seconde Guerre mondiale
Sous la colline du Château, les abris secrets de la guerre

Un réseau de galeries oublié sous la colline du Château

Sous la colline du Château, arpentée chaque jour par des milliers de visiteurs venus admirer le panorama, se cache un petit trésor historique. Un réseau de 1 000 m² d’abris souterrains, aménagé pendant la Seconde Guerre mondiale par la Défense passive de Nice puis par l’armée allemande. Ce 8 mai, anniversaire de l’armistice, est l’occasion de se plonger dans les entrailles de l’Histoire.

Les quatre phases de construction

« Les galeries ont été creusées en quatre phases, nous explique Alain Grandieux, du service d’archéologie de la Métropole Nice-Côte d’Azur. Un premier abri a été creusé par la Défense civile en 1939, avant le début de la guerre, pour protéger les Niçois des éventuels bombardements. » C’est cette première galerie qui mène aujourd’hui à l’ascenseur du château et qu’empruntent chaque jour des milliers de visiteurs.

Par une porte de service, on quitte le soleil, la mer et l’espace ouvert au public pour découvrir une seconde galerie creusée en 1943, avant l’occupation allemande des lieux. À ce moment-là, l’abri devait permettre d’accueillir 420 personnes.

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L’occupation allemande et l’extension des souterrains

L’armée allemande réquisitionne les chantiers le 30 septembre 1943 et poursuit les excavations, notamment pour relier les galeries existantes à l’Hôtel Suisse, où la Kriegsmarine installe son poste de commandement. On accède à cette partie des souterrains par un escalier en fer forgé « emprunté » à l’une des tours minaret du casino de la Jetée-Promenade lors de son démantèlement en 1944. Ici, plus de couloirs bétonnés, mais de simples tunnels de roche nue.

« Tout est resté en l’état, ça n’a pas bougé depuis 1944 », nous assure Alain Grandieux. Les gravats entassés, les planches qui soutiennent les portes, jusqu’aux fils électriques installés le long des parois. Sous la colline, à quelques pas de la plage, le temps semble figé dans ces galeries.

Après la guerre : un abri inutilisé

Après la libération de Nice, la Défense passive reprend les travaux en 1945. À la fin de la guerre, l’abri atteint une capacité de 1 750 personnes, mais il n’accueillera plus le moindre civil. C’est par une porte dérobée, dissimulée dans la falaise où se dresse le monument aux morts, que nous émergeons des souterrains face au port de Nice.

De retour sur la Promenade des Anglais, Alain Grandieux nous indique la terrasse du restaurant Castel : « C’est là que débouchait le souterrain, il y avait un bunker allemand pile à cet emplacement ». Il pointe la plage, où s’entassait le déblai du creusage, avalé par la mer depuis longtemps. Seuls les souterrains témoignent encore du passage de la guerre. À la surface, la ville et ses habitants ont repris leurs droits.

La Défense passive, créée à l’entre-deux-guerres, était chargée de la protection de la population civile pendant les conflits. La Kriegsmarine était la marine de guerre allemande.

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