Marseille : la réplique de la Bonne Mère au Mucem fait débat
Réplique de la Bonne Mère : quel avenir à Marseille ?

Depuis plusieurs mois, la cité phocéenne voit double. Une réplique de la Bonne Mère, l'emblème de Marseille, a été installée à l'entrée du Vieux-Port, au sommet de la tour du roi René du fort Saint-Jean, à l'occasion de l'exposition « Bonnes Mères » visible au Mucem jusqu'au 31 août. Cette sculpture, réalisée par l'atelier parisien Christofle, comme l'originale culminant à 149 mètres de hauteur et récemment restaurée, est un modèle réduit de trois mètres pour 400 kg, recouvert de feuilles d'or.

Une exposition record pour le Mucem

« On voulait que le thème de la mère essaime, sorte des salles du musée pour rayonner, comme la réplique », se réjouit Caroline Chenu, co-commissaire de l'exposition, chargée de recherche au Mucem. L'exposition, consacrée « à la pluralité des expériences maternelles », s'annonce comme un record absolu de fréquentation pour le musée, avec 210.000 visiteurs estimés d'ici la fermeture.

« Elle est tournée vers l'horizon dans un geste d'accueil », salue Caroline Chenu. Philippe, né à Marseille, ne cache pas sa surprise de se retrouver face à la Bonne Mère au sommet de la tour. « Je ne l'ai jamais vue d'aussi près », sourit-il, immortalisant la Vierge à l'enfant à l'aide de son smartphone.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Quel avenir pour la réplique ?

Malgré la fin prochaine de l'exposition, la réplique va prolonger ses quartiers d'été et sera visible gratuitement jusqu'à la fin du mois de septembre. Pourrait-elle devenir, à l'instar de la tour Eiffel ou d'œuvres du Voyage à Nantes, une nouvelle attraction pérennisée dans la ville ? Le débat est lancé parmi les visiteurs.

« Cela me gênerait un peu qu'elle reste, parce que la Bonne Mère, il n'y en a qu'une », confie Renée, entre deux photographies de la statue. Comme une poignée de visiteurs, elle a gravi les marches en colimaçon pour déboucher sur le haut de la tour, balayé par le vent. « C'est le côté doublon : ce n'est pas que ça fait trop, mais c'est un peu détrôner la nôtre », ajoute cette Marseillaise, qui « se la joue touriste » dans sa propre ville.

« C'est comme si à Paris, on installait une deuxième tour Eiffel », imagine Olivier, venu de Pélissanne dans les Bouches-du-Rhône. L'idée provoque un rire. « L'endroit est magnifique, c'est une super idée cette installation temporaire, poursuit son épouse Laure, ravie de pouvoir approcher le symbole. Mais pour la suite je ne l'imagine pas posée en dehors d'un musée, à Marseille, où elle est documentée. » « Même si je ne suis pas croyant, cela reste un symbole religieux : il ne faut pas en faire n'importe quoi », ajoute Olivier.

Deux surveillances pour Marseille ?

« Ce serait dommage de l'enlever, elle est drôlement bien placée », contredit Roselyne avec un haussement d'épaules, admirant le point de vue dégagé sur la mer. « Les deux veillent sur Marseille, et deux surveillances valent mieux qu'une, non ? », rit cette néomarseillaise, arrivée en septembre. Quant à la concurrence entre les deux statues, elle écarte cette idée. « La Bonne Mère, on la voit de partout. Ici, elle est plus discrète et ne prend pas le pas sur l'autre », assure Roselyne.

Venus du Nord et de l'Est de la France, Gabriel, Martin, Théophile et Damien se sentent un peu étrangers au débat. Eux ont choisi de ne pas choisir : après avoir fait une halte devant la réplique, ils vont cheminer jusqu'à Notre-Dame de la Garde, voir l'originale. « C'est intéressant, en tant que bons touristes que nous sommes, qu'elles soient presque alignées, on dirait qu'elles se répondent », analyse Gabriel. Le sort de la madone éphémère n'est pas encore totalement fixé. Une réponse est attendue sur sa destination dans les prochaines semaines.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale