Sophie Bergounhon : la Rosée du Matin fête 60 ans sur l'Aubrac
Rosée du Matin : 60 ans et une nouvelle vie avec Sophie Bergounhon

Sophie Bergounhon a repris la Rosée du Matin en 2024, un lieu culturel emblématique perché à 1 200 mètres d'altitude sur le plateau de l'Aubrac, à Nasbinals. Ce lieu fête cette année ses 60 ans. Dans les pas de son père, surnommé Bébert, elle continue d'écrire l'histoire de cet endroit unique.

Des souvenirs d'enfance à la reprise du lieu

Sophie Bergounhon a grandi entre les murs de cette ancienne discothèque. « Je baigne dans le monde du spectacle depuis toute petite. Je me souviens de soirées entières à regarder des spectacles. Très jeune, à l'âge de treize ans, j'ai décidé d'aider mon père derrière le bar ou pour faire le ménage et cela m'a tout de suite plu. Il m'a transmis cette envie qu'il avait de rassembler les gens. J'ai toujours eu cette idée de reprendre ce lieu qu'il avait construit », confie-t-elle.

Après le décès de son père en 2012, le lieu a été mis en location. Sophie s'est alors formée pendant sept ans dans l'événementiel à Ax-les-Thermes. Ce n'est qu'en 2024, à trente ans, qu'elle a eu le déclic. Elle a rencontré Loïc Escaffit, qui a accepté de la suivre dans cette aventure. « Sans lui, je n'aurais pas réussi », ajoute-t-elle.

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Un pari audacieux dans la ruralité des années 1960

Son père, Bébert, avait fait le pari d'implanter un lieu de fête dans la ruralité au milieu des années 1960. Après avoir habité la capitale, il voulait créer un endroit où les copains puissent se retrouver. « L'idée était de ramener la fête parisienne dans l'Aubrac, là où il avait grandi. Alors il a acheté un bout de pré et a fait construire ce lieu. Les gens ont directement réagi, ils avaient besoin de cet endroit où se retrouver et ça a tout de suite marché », raconte Sophie.

La Rosée du Matin a ouvert ses portes en 1966, devenant rapidement un point de rassemblement incontournable sur le plateau.

De la discothèque à un lieu de résidence artistique

Entre 1966 et 2026, la structure a profondément évolué. « Avant, la Rosée du matin était un lieu privé, aujourd'hui c'est géré par notre association la Rosée du matin : Abri d’Utopies Baroudeuses Rurales Artistiques et Culturelles (A.U.B.R.A.C). On en a fait un lieu de résidence artistique afin de donner aux artistes les moyens de créer sereinement, c'est nécessaire si on veut attirer des talents et donc diversifier l'offre culturelle », explique Sophie.

La programmation s'est tournée vers les musiques actuelles et l'art de rue, mais l'esprit de diversité des spectacles demeure. « Je me souviens, parfois, c'était vraiment improbable, on pouvait avoir le jeudi des représentations érotiques et le samedi du rock », ajoute-t-elle.

Un abri pour les artistes sur le plateau de l'Aubrac

Le nom de l'association, A.U.B.R.A.C, fait référence à l'Aubrac comme lieu de passage. « Le village éponyme a d'ailleurs été créé grâce aux pèlerins du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle qui y passaient se reposer après la difficile traversée du plateau. Nous, on a ce grand chalet en bois comme abri au milieu du plateau. C'est une sorte de refuge pour les artistes où ils peuvent être accompagnés dans leur processus de création », détaille Sophie.

Elle insiste sur la vocation de rassemblement du lieu : « On se veut être un point de rassemblement et en même temps un abri pour la culture, d'autant plus que ce n'est pas évident en ce moment. Mais on continue de croire qu'on peut encore se rencontrer et se rassembler, il n'y a qu'à regarder la diversité de notre public, qu'elle soit sociale ou générationnelle. On pratique des tarifs inclusifs pour cette raison. On veut montrer que c'est possible dans un monde de plus en plus sombre et individualiste, allons vers l'utopie. »

Des défis financiers pour l'avenir

Malgré cet enthousiasme, la Rosée du Matin fait face à des défis importants. « Pouvoir accueillir du public. Si le bâtiment n'est pas remis aux normes rapidement, on sera obligés de fermer pour des raisons de sécurité. Je dis souvent que la Rosée, c'est comme une vieille voiture : tu répares quelque chose et une semaine après, il y a une autre panne », prévient Sophie.

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Des travaux de remise en état sont nécessaires, estimés à 1,5 million d'euros. « On a vu avec des architectes pour remettre en état le lieu sans lui faire perdre son âme mais les travaux s'élèvent à 1,5 million d'euros. On continue de demander de l'aide auprès des institutions et on va aussi ouvrir les financements participatifs. Avec tous les gens qui sont passés à la Rosée du matin, si tout le monde met deux euros, on continuera à faire vivre ce lieu emblématique qui a fait danser plusieurs générations ! », lance-t-elle.

Un bal déjanté pour les 60 ans

Pour célébrer ses 60 ans, la Rosée du Matin organise une soirée exceptionnelle le jeudi 23 juillet 2026, jour anniversaire de son inauguration en 1966. La compagnie Astor et La Patronne investira la piste avec « En bal et vous ! », un bal contemporain mêlant spectacle vivant et participation du public. Danses traditionnelles (valse, tango, bourrée, madison) et tubes des Jackson Five, d'Aretha Franklin, de Blondie ou de Philippe Katerine rythmeront la soirée.

La soirée débutera à 20 h 30 avec l'ouverture des portes et le vernissage d'une exposition retraçant les 60 ans du lieu. À 21 heures, initiation à la danse, puis discours anniversaire à 21 h 45. Le bal-spectaire commencera à 22 heures. Les billets sont disponibles en prévente sur le site de la Rosée du Matin : 15 euros en plein tarif, 13 euros pour les adhérents et les moins de 25 ans, et 7,50 euros pour les enfants de moins de 12 ans. Une billetterie sur place sera également proposée, dans la limite des places disponibles.