Alors que les langues se délient à l'Opéra de Nice pour dénoncer un profond mal-être des équipes, l'avenir du bâtiment, devenu vétuste, a été évoqué en séance municipale. L'adjoint à la Culture, Auguste Vérola, a précisé le calendrier des travaux de rénovation. Le programme technique devrait être finalisé en juillet 2026, et le début des travaux est envisagé à l'horizon 2029.
Un bâtiment vétuste et des problèmes de sécurité
Au-delà de cette crise humaine interne, c'est l'avenir même du bâtiment qui est en jeu. Le 10 mai, un bout du plafond est tombé sur la scène en pleine représentation, posant sérieusement la question de sa sécurité. En conseil municipal, l'écologiste Juliette Chesnel-Le Roux s'est emparée du sujet. Si l'élue d'opposition salue une « programmation ambitieuse qui fait rayonner Nice bien au-delà de notre territoire », elle s'inquiète de l'état du bâtiment. « Notre opéra est vétuste », dit-elle.
Une priorité municipale selon l'opposition
« Les locaux destinés au public n'offrent plus des conditions d'accueil satisfaisantes et le bâtiment nécessite d'importants travaux de rénovation. Cette question doit désormais devenir une priorité municipale. Nous ne pouvons pas prétendre à une reconnaissance nationale tout en laissant se dégrader un équipement culturel aussi emblématique », a tempêté l'opposante. À fleurets mouchetés, elle cible l'inclinaison politique de la nouvelle majorité. « La culture est l'un des remparts les plus efficaces contre l'obscurantisme, le repli sur soi, l'intolérance et toutes les formes de fanatisme. À l'heure où les discours simplistes ou extrémistes prospèrent [...], l'opéra constitue une arme pacifique de connaissance, d'émancipation et d'ouverture au monde », lance-t-elle. Et de rappeler que le politique doit garantir les moyens « jamais en dicter le contenu ».
Un cri d'alarme confirmé par la Chambre régionale des comptes
Cette intervention fait écho à celle des artistes, qui avaient déjà tiré la sonnette d'alarme il y a quelques mois sur l'état du bâtiment. Un cri d'alerte corroboré par la Chambre régionale des comptes : dans son rapport publié le 5 novembre 2024, les Sages confirmaient la nécessité d'engager un chantier de rénovation majeur, conséquence directe d'un manque chronique d'investissements pour l'entretien du site au fil des années.
Le début de la rénovation en 2029, selon Auguste Vérola
« La question de la rénovation de cet opéra se pose légitimement, et nous avons des arbitrages à faire », a répondu Éric Ciotti, lors du dernier conseil municipal de Nice. Des arbitrages financiers… Il faut trouver quelque 50 millions d'euros. « C'est extrêmement lourd, il y a des priorités, des urgences, nous les phaserons », a-t-il assuré. Avant d'égratigner son prédécesseur qui a « détruit un théâtre, soi-disant pour des conditions de sécurité et de vétusté ». Pour le nouveau maire, le coût de la démolition aurait permis de rénover l'opéra. « Je veux bien que l'on parle de forêt urbaine, de forêt amazonienne », ironise-t-il, évoquant l'extension de la coulée verte qui a remplacé le TNN et le Palais Acropolis. « Mais quand vous allez sur le toit du parking du musée d'art moderne – qui est fermé, j'ai d'ailleurs demandé aux services de le rouvrir le plus vite possible – vous voyez un parvis de quelques centaines de m2, c'est une folie budgétaire, culturelle », conclut-il.
L'adjoint à la Culture, Auguste Vérola, a précisé le calendrier. Il a indiqué que le programme technique devrait être finalisé en juillet 2026. Le début des travaux pourrait, quant à lui, être envisagé à l'horizon 2029, un timing qui reste tributaire de la participation financière de l'État, le bâtiment étant classé monument historique. L'adjoint de Ciotti soulève un défi de taille : la nécessité absolue de trouver une salle de repli pendant la durée des rénovations. Un casse-tête d'autant plus complexe que la disparition de l'ancien théâtre prive la ville d'une scène majeure. Si l'orchestre symphonique peut facilement trouver refuge à la salle du Conservatoire, ce sera plus compliqué pour le lyrique. « Il faut une salle de complément quand les travaux débuteront », insiste Auguste Vérola.



