Le retour triomphal de la cloche Jeanne à Chadenac
Mardi 3 février, une effervescence inhabituelle régnait aux abords de l'église Saint-Martin de Chadenac dès les premières heures du matin. Cet événement marquait un moment historique pour la commune : le retour tant attendu de Jeanne, la seconde cloche de l'édifice religieux, après deux longues années d'absence.
Une restauration minutieuse
D'un poids imposant de 350 kilogrammes, Jeanne avait été retirée du clocher après la découverte d'une fêlure compromettant sa sonorité. Sa restauration a été confiée à des experts : l'entreprise Lussault, campaniste vendéen renommé, a supervisé l'opération, tandis que les ateliers Cornille Havard, fonderie spécialisée de Villedieu-les-Poêles dans la Manche, se sont chargés de la refonte et du repolissage minutieux de la cloche.
Cette intervention rappelle celle réalisée sur Martine, la première cloche, qui avait subi le même traitement en 1987. Le processus de refonte permet de conserver l'identité et l'histoire de l'objet tout en restaurant ses qualités acoustiques originelles.
Une histoire qui résonne depuis 1972
L'acquisition de cette cloche remonte à juillet 1972, lorsqu'une souscription publique fut organisée pour financer son achat. Le coût total s'élevait alors à 6 000 francs, réparti équitablement entre les dons des habitants et une inscription au budget communal. Installée au-dessus de sa consœur, cette cloche est traditionnellement appelée le Carillon ou l'Angélus.
Une inscription gravée témoigne de sa vocation spirituelle : « Qu'elle chante ou qu'elle pleure, ma voix toujours prie. » Cette phrase, visible tout autour de la base de la cloche, rappelle sa fonction première dans la vie religieuse et communautaire.
Le retour du rythme traditionnel
Pendant deux ans, l'absence de Jeanne a profondément modifié les habitudes des habitants. La sonnerie régulière de l'angélus, qui rythmait quotidiennement la vie locale à 7 heures, 12 heures et 19 heures, s'était tue, créant un vide sonore dans le paysage auditif du village.
Le mardi après-midi, une cérémonie solennelle a marqué la réintégration officielle de la cloche. Le père abbé Guy Michel Resenterra a procédé à sa bénédiction, un moment empreint de spiritualité et d'émotion pour l'assemblée présente. Immédiatement après, une équipe spécialisée a réalisé avec précision l'installation de Jeanne sur le joug du clocher, restaurant ainsi sa place légitime dans l'architecture de l'église.
Ce retour symbolise bien plus qu'une simple restauration patrimoniale. Il représente la réappropriation d'un héritage culturel et sonore essentiel à l'identité de Chadenac, où le carillon de l'angélus reprend désormais sa place centrale dans le quotidien des habitants.



