Au Caire, restauration d'un mausolée soufi pour les habitants
Restauration d'un mausolée soufi au Caire

Au Caire, la longue restauration du mausolée soufi de Qaitbay, dans le cimetière sud de la ville, a été pensée pour les habitants du quartier et non pour les seuls touristes. Ce projet, mené par l'architecte égyptienne May El-Ibrashy, vise à préserver un lieu de mémoire et de pratique religieuse toujours vivant, tout en impliquant les résidents dans le processus.

Un projet ancré dans le quartier

May El-Ibrashy, fondatrice de l'initiative « Athar Lina » (« le patrimoine est à nous »), explique que ce type de projets « ne doivent pas s'adresser aux seuls touristes ». Le mausolée, datant du XVe siècle, est un site majeur du soufisme au Caire, où des fidèles se rendent encore pour des cérémonies de dhikr. La restauration, qui a débuté en 2018, a été conçue avec la participation des habitants, qui ont été consultés sur leurs besoins et leurs attentes.

Le projet comprend la réhabilitation du mausolée lui-même, mais aussi de ses abords, avec la création d'un espace public pour le quartier. Les artisans locaux ont été employés pour les travaux, utilisant des techniques traditionnelles comme le stuc et la pierre. Selon May El-Ibrashy, cette approche permet de « renforcer le lien entre les habitants et leur patrimoine ».

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Un financement participatif et une ouverture au public

Le financement de la restauration est assuré par des fonds internationaux, notamment de l'ambassade des États-Unis, mais aussi par un financement participatif lancé par Athar Lina. Les travaux ont permis de restaurer les dômes, les minarets et les décorations intérieures du mausolée, qui était en péril. Le site est désormais ouvert au public, avec des visites guidées organisées par des jeunes du quartier formés pour l'occasion.

L'impact du projet est double : il préserve un monument historique et il offre des opportunités économiques aux habitants. May El-Ibrashy souligne que « la restauration a créé des emplois pour les artisans locaux et a attiré des visiteurs, mais surtout, elle a redonné fierté aux habitants ».

Un modèle pour d'autres sites

Le projet de Qaitbay est présenté comme un modèle pour d'autres sites patrimoniaux en Égypte, où la restauration est souvent axée sur le tourisme. Athar Lina espère étendre cette approche à d'autres monuments du Caire historique. Selon May El-Ibrashy, « il faut que les projets de restauration soient pensés avec et pour les communautés locales ».

La restauration du mausolée de Qaitbay, bien que toujours en cours pour certains détails, a déjà permis de sauver un lieu emblématique du soufisme égyptien et de renforcer la cohésion sociale dans le quartier. Le projet démontre qu'une approche participative peut concilier conservation du patrimoine et développement local.

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