La campagne de restauration du patrimoine sculpté de Pau s'intensifie
La dynamique de préservation du patrimoine monumental de la Cité royale connaît un nouvel élan significatif. Après la récente réinstallation de la statue La Source sur son miroir d'eau emblématique le 9 mars dernier, c'est désormais au tour d'une figure historique majeure de bénéficier d'une cure de jouvence. Les travaux de restauration de la statue équestre du maréchal Pierre Bosquet ont effectivement débuté la semaine dernière, marquant une étape cruciale dans ce programme municipal ambitieux.
Un chantier minutieux pour un monument centenaire
Érigée sur le rond-point stratégique entre le cours Bosquet et la rue Henri-Faisans, cette œuvre magistrale du sculpteur Édouard-François Millet de Marcilly, inaugurée en 1894, fête cette année ses 130 printemps. Malgré un état général jugé satisfaisant, notamment grâce à une précédente intervention en 2013, l'usure du temps nécessitait une intervention d'envergure. Les spécialistes doivent ainsi traiter divers désordres esthétiques et structurels, principalement liés au vieillissement du vernis protecteur du bronze et à l'encrassement progressif de la pierre de son piédestal.
Le chantier, qui devrait s'achever d'ici la fin du mois, a été conçu pour minimiser les impacts sur la vie quotidienne des Palois. Les dispositifs de sécurité mis en place n'entravent ni la circulation automobile ni les possibilités de stationnement aux abords immédiats, assure la municipalité. Concernant les interventions techniques, elles sont particulièrement détaillées : pour le piédestal en pierre, il est prévu un nettoyage approfondi, une reprise complète des joints et la restauration des bas-reliefs en bronze qui l'ornent. Pour la statue équestre elle-même, le protocole inclut une mise à nu méticuleuse du métal, suivie de la restitution de sa patine d'origine à chaud et d'une protection renforcée de sa surface.
L'hommage à un héros militaire local
Cette statue rend hommage à Pierre François Joseph Bosquet, figure militaire de premier plan née en 1810 à Mont-de-Marsan de parents palois et décédée à Pau en 1861. Sa carrière, marquée par de hauts faits d'armes, l'a conduit de la conquête de l'Algérie à partir de 1834 au commandement du corps français lors de la cruciale guerre de Crimée en 1855. Grièvement blessé lors de la bataille de Malakoff, il était, à 45 ans, considéré comme l'un des chefs militaires les plus en vue d'Europe, ce qui lui valut d'être nommé sénateur et maréchal de France par Napoléon III.
Les deux bas-reliefs en bronze signés Millet de Marcilly, apposés sur les faces Sud et Nord du piédestal, illustrent avec force détails ces épopées. Le côté Sud le représente en commandant du 2e bataillon des tirailleurs indigènes d'Oran entre 1842 et 1847, tandis que le côté Nord immortalise le moment où, blessé, il fut évacué sur un brancard lors de l'assaut de la courtine de Malakoff le 8 septembre 1855.
Une statue au parcours mouvementé et un programme qui s'étend
L'emplacement actuel de la statue n'est que le dernier chapitre d'une histoire mouvementée. Initialement installée place Gramont, elle a, au gré des réaménagements urbains, transité par l'emplacement actuel de la Fontaine aux Enfants d'Ernest Gabard devant le musée des Beaux-Arts, avant de trouver sa place définitive en 2013.
La Ville de Pau a d'ores et déjà annoncé la poursuite de cette campagne de restauration avec deux autres interventions programmées avant la fin de l'année 2024. Ainsi, courant juillet, le monument aux morts La France victorieuse, situé sur le boulevard du Midi, fera l'objet de travaux d'entretien. Puis, à l'automne, ce sera au tour de la fontaine Léon Daran, place Saint-Louis de Gonzague, de bénéficier d'un nettoyage intégral et d'opérations de consolidation. Cette politique active témoigne de la volonté municipale de préserver et valoriser un patrimoine sculpté qui participe pleinement à l'identité et au cadre de vie de la Cité royale.



