Quatre secrets méconnus des quartiers emblématiques de Monaco
Quatre secrets méconnus des quartiers de Monaco

Chaque mercredi de 16 heures à 18 heures, l'Institut du Patrimoine de Monaco organise des visites guidées des quartiers les plus emblématiques de la Principauté. Depuis le 1er juillet 2026, ces parcours permettent aux résidents et aux touristes de découvrir des lieux chargés d'histoire. Deux semaines consécutives sont dédiées au Rocher (une semaine en anglais, une en français), suivies de deux semaines consacrées à Monte-Carlo et Mareterra. Monaco-Matin a participé à la visite de Monte-Carlo et Mareterra et en rapporte quatre anecdotes surprenantes.

Le suicide manqué de Sarah Bernhardt

La célèbre actrice Sarah Bernhardt fut la première à fouler la scène de l'Opéra de Monte-Carlo, souligne Carine F., guide de 53 ans. « Un soir, elle est entrée au Casino avec 100 000 francs-or. En trois heures, elle a tout perdu. Désespérée, elle a tenté de se suicider dans sa chambre de l'Hôtel de Paris en absorbant des somnifères », raconte-t-elle. Sauvée par le vicomte de Rohan, elle n'est plus jamais retournée dans un casino. Cette anecdote illustre les passions qui ont agité Monte-Carlo à la Belle Époque.

L'heure de Paris et l'heure de Monaco

Sur la façade du Casino de Monte-Carlo, deux statues monumentales représentent la mer Méditerranée à gauche et la Seine à droite. Entre 1890 et 1892, des horloges étaient installées au-dessus de ces statues, indiquant respectivement l'heure de Paris et celle de Monaco. Interrogée sur la différence horaire possible, la guide avoue : « J'ai consulté les archives et je n'ai trouvé aucune véritable explication à ce sujet. » Ce mystère demeure non élucidé, ajoutant une touche d'énigme au patrimoine monégasque.

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Le prince du Népal et ses sessions de jeu marathon

À l'époque du Casino de Monte-Carlo dans son âge d'or, le prince du Népal se rendait chaque année pour jouer. Sa religion ne lui autorisait que cinq jours de jeu par an. « Exceptionnellement pour lui, les salons restaient ouverts jour et nuit. Le personnel avait pour consigne de lui remettre tous les jetons qu'il demandait. Au terme des trois jours, il réglait l'intégralité de sa note », détaille Carine. Cette pratique montre le traitement de faveur réservé aux grands joueurs venus du monde entier.

La villa du propriétaire du Figaro

À l'emplacement de l'actuelle boutique Zara du square Beaumarchais se trouvait autrefois la villa Beaumarchais. Construite au XIXe siècle, elle appartenait à Hippolyte de Villemessant, ancien directeur du journal Le Figaro. « Il bénéficiait d'une vue magnifique sur l'océan. Il avait conclu un accord avec François Blanc, directeur du Casino, stipulant qu'aucune construction ne pourrait être élevée entre sa villa et la mer », explique la guide. Bien que la villa ait disparu, cet accord rappelle les arrangements immobiliers d'antan qui ont façonné le paysage urbain de Monaco.

Ces visites, orchestrées par l'Institut du Patrimoine, offrent un regard neuf sur des lieux familiers. Elles ont lieu tous les mercredis jusqu'à la fin de la saison estivale, avec des guides certifiés qui partagent leur passion pour l'histoire princière. Une occasion unique de redécouvrir Monaco sous un angle inédit.

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