Pub Snapchat géante sur un monument historique à Nice : l'opposition s'indigne
Pub Snapchat géante sur monument historique à Nice : polémique

Une publicité XXL pour Snapchat sur le quai des États-Unis

Depuis le 30 juin 2026, une immense bâche publicitaire de 24 mètres de long sur 14 mètres de haut orne la façade du Palais Hongran, à l'entrée du Vieux-Nice, sur le quai des États-Unis. Cette publicité pour les lunettes connectées de Snapchat, maison mère du réseau social, couvre 46 % de la toile de chantier, soit 305 m² sur les 669 m² totaux. Elle est visible depuis la célèbre Promenade des Anglais et domine le restaurant Di Piu.

L'opposition dénonce une "opération commerciale" en zone Unesco

Anthony Borré, ancien premier adjoint de Christian Estrosi et aujourd'hui dans l'opposition, a interpellé le maire de Nice. Il s'indigne : « Ce type de publicité me paraît contraire au règlement local de publicité métropolitain. À mes yeux, de tels dispositifs ne devraient être autorisés que lorsqu'ils participent au financement de la restauration du patrimoine public, dans le cadre d'opérations de mécénat clairement identifiées, et non pour des opérations commerciales sur des immeubles privés. » Le Palais Hongran, inscrit au titre des monuments historiques depuis 2010 et situé au cœur du périmètre classé au patrimoine mondial de l'Unesco, a notamment accueilli Napoléon Bonaparte en 1796 lors de sa campagne d'Italie.

Un cadre légal strict mais respecté

Le Code de l'environnement interdit toute publicité sur un immeuble inscrit ou classé, mais le Code du patrimoine prévoit une dérogation pour les bâches d'échafaudage. Pour être légale, plusieurs conditions doivent être réunies : les travaux doivent concerner l'extérieur du bâtiment, l'autorisation doit être validée par le préfet de région (via la Drac) et l'Architecte des bâtiments de France (ABF), l'espace publicitaire ne peut dépasser 50 % de la surface totale de la bâche, et les recettes doivent être intégralement affectées au paiement des travaux. Selon l'entreprise lyonnaise Light Air, en charge de l'installation, le dossier a été validé « auprès de la Drac ». La société précise que ces recettes peuvent couvrir jusqu'à 80 % du coût du ravalement de façade.

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La Ville de Nice défend la légalité du dispositif

Interrogée, la municipalité dirigée par Éric Ciotti a répondu que la compétence en matière d'autorisation de publicité sur un monument historique relève exclusivement de la Conservation régionale des monuments historiques. « Aux termes de l'article L.621-29-8 du Code du patrimoine, les propriétaires de monuments historiques peuvent demander à la Drac l'autorisation d'installer des bâches d'échafaudage comportant un espace publicitaire, dès lors que les recettes perçues sont affectées au financement des travaux. Ce dispositif est une dérogation aux dispositions du Code de l'environnement avec l'objectif de permettre une levée de fonds supplémentaire pour l'entretien et la conservation du patrimoine protégé. » Le conseiller municipal Bernard Chaix a également réagi sur Twitter, affirmant que cette publicité est légale et conforme, et pointant du doigt « le hangar laissé en héritage par l'ancienne mandature sur le port ».

Des lunettes connectées à 2 295 euros

Les lunettes de réalité augmentée de Snap, concurrentes des Ray-Ban Meta, sont présentées comme un concentré de technologies : écrans de réalité augmentée, intelligence artificielle et plusieurs caméras pour superposer des informations au monde réel. Dévoilées en septembre 2025, elles seront commercialisées à l'automne 2026 au prix de 2 295 euros la paire. La publicité niçoise, prévue du 30 juin au 31 juillet 2026, est donc un coup de communication majeur pour ce produit haut de gamme.

Un débat sur la préservation du paysage urbain

Si le classement Unesco n'interdit pas formellement ce type d'installation, il repose sur la préservation du paysage urbain et des perspectives de Nice. Pour Anthony Borré, cette publicité monumentale est une atteinte à ce patrimoine. La question de l'opportunité reste posée : faut-il autoriser des opérations commerciales sur des édifices historiques privés pour financer leur entretien, ou préserver à tout prix l'intégrité visuelle des sites classés ? Le dispositif, bien que légal, divise.

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