Une découverte archéologique majeure dans le monde viticole
Pour les historiens, le Moyen-Âge s'étend traditionnellement de la chute de l'Empire romain en 476 à la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb en 1492. C'est dans cette période fascinante qu'une trouvaille exceptionnelle vient de captiver les spécialistes du vin et de l'archéologie.
Un pépin de raisin vieux de plusieurs siècles
Un pépin de raisin a été récemment mis au jour dans les latrines d'un hôpital datant du XVe siècle, situé dans la région du Valenciennois. Cette découverte, comparable à un véritable « eurêka » scientifique, a été révélée dans la prestigieuse revue Nature Communications le 24 mars dernier.
L'analyse génétique de ce grain ancien a permis d'identifier avec certitude sa souche : il s'agit d'un pinot noir. Cette révélation ouvre de nouvelles perspectives sur l'histoire viticole de cette époque et de cette région spécifique.
Les chercheurs à l'origine de cette révélation
Cette découverte est le fruit du travail conjoint de deux éminents scientifiques : le paléogénéticien Ludovic Orlando et l'archéobotaniste Laurent Bouby. Leur collaboration interdisciplinaire a été essentielle pour authentifier et interpréter ce vestige végétal exceptionnel.
Les chercheurs restent cependant prudents quant aux conclusions définitives. Ils ne peuvent affirmer avec certitude si cette vigne, qui poussait dans le Valenciennois, était cultivée principalement pour la production de raisin de table, pour l'élaboration de vin, ou peut-être pour des raisons symboliques ou seigneuriales liées au pouvoir et au prestige.
Des questions qui persistent sur la datation exacte
La datation précise de ce pépin fait encore l'objet de recherches et d'analyses complémentaires. Les scientifiques travaillent à éclaircir cette question cruciale pour contextualiser pleinement la découverte.
Une hypothèse amusante mais peu probable a été évoquée : celle de lier ce pépin à l'époque de Pépin le Bref, roi des Francs de 751 à 768. Les chercheurs estiment que cette période est trop éloignée dans le temps pour en faire un « millésime royal » crédible, soulignant ainsi les défis de l'archéologie préventive et de la datation fine des artefacts organiques.
Cette trouvaille souligne l'importance des recherches archéobotaniques pour reconstituer les pratiques agricoles et alimentaires du passé, offrant un éclairage précieux sur la vie quotidienne et les savoir-faire ancestraux.



