Épave du XVIe siècle en Méditerranée : analyse scientifique de sa cargaison
Épave XVIe siècle : cargaison analysée par des scientifiques

Une épave datant du XVIe siècle, gisant par 200 mètres de fond au large des côtes méditerranéennes, fait l'objet d'une campagne scientifique exceptionnelle. Des archéologues maritimes, des océanographes et des historiens collaborent pour analyser la cargaison du navire, qui pourrait révéler des informations précieuses sur les routes commerciales de la Renaissance.

Une découverte majeure

L'épave a été localisée en 2024 par des pêcheurs, mais ce n'est qu'en 2026 que les moyens techniques ont permis d'organiser une expédition complète. Le navire, un voilier marchand probablement vénitien ou génois, transportait une cargaison variée : des amphores contenant de l'huile d'olive, du vin, des épices, mais aussi des lingots de métal précieux et des céramiques. Les premières analyses au sonar ont révélé une structure bien préservée, grâce à l'absence d'oxygène en profondeur.

Les technologies utilisées

Les scientifiques ont déployé un robot sous-marin téléguidé, équipé de caméras haute définition et de bras manipulateurs. Ces outils permettent de prélever des échantillons sans endommager l'épave. Les prélèvements sont ensuite remontés à la surface dans des caissons isothermes pour éviter toute altération. Des analyses ADN sont en cours sur les résidus organiques pour identifier précisément les marchandises et leur origine géographique.

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Cette campagne s'inscrit dans le cadre du programme « Mémoires de la Méditerranée », qui vise à étudier les épaves anciennes pour comprendre les échanges commerciaux et culturels entre l'Orient et l'Occident. Les chercheurs espèrent notamment trouver des indices sur les routes des épices, qui contournaient alors l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance.

Un travail d'orfèvre

L'analyse de la cargaison est un travail minutieux. Chaque amphore est cartographiée, photographiée et échantillonnée. Les céramiques sont étudiées pour leur style et leur pâte, ce qui permet de les attribuer à des ateliers spécifiques. Les métaux sont analysés par fluorescence X pour déterminer leur composition. Les premières conclusions indiquent que le navire faisait route de l'Égypte vers Venise, avec une escale probable en Crète.

Les scientifiques doivent aussi composer avec les courants marins et la sédimentation. L'épave est partiellement enfouie, ce qui complique l'accès à certaines parties de la coque. Des carottages sont réalisés autour du site pour étudier les sédiments et leur impact sur la conservation.

Un projet collaboratif

Plusieurs institutions sont impliquées : le CNRS, l'Ifremer, le musée d'Archéologie de Marseille, ainsi que des universités italiennes et espagnoles. Le financement provient du ministère de la Culture et de fonds européens. Les résultats seront présentés lors d'une exposition prévue en 2027 au musée d'Histoire de Marseille.

Cette épave est une fenêtre unique sur le commerce maritime du XVIe siècle. Les chercheurs espèrent que les analyses permettront de dater précisément le naufrage, d'identifier l'équipage et de comprendre les causes du sinistre. Une tempête ou une collision avec un récif sont les hypothèses privilégiées.

Au-delà de l'aspect historique, cette campagne scientifique teste aussi des technologies de pointe pour l'archéologie sous-marine. Les robots utilisés pourraient servir à explorer d'autres épaves en eaux profondes, notamment celles de l'époque romaine qui restent inaccessibles.

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