L'Union Sportive Seynoise a atteint son objectif de maintien en Nationale 2, mais il a fallu attendre la dernière journée pour valider ce succès. Le manager Gérald Le Strat dresse un bilan mitigé de la saison, soulignant les difficultés rencontrées tout en se projetant sur l'avenir, alors qu'un changement de gouvernance se profile.
Un maintien arraché dans la douleur
« L'objectif principal du maintien a été atteint », déclare Gérald Le Strat. « En début de saison, on savait que ça n'allait pas être simple. À la mi-janvier, après notre victoire à Nîmes (30-20), notre point de bonus défensif à Tricastin (défaite 9-8) et une belle prestation contre Auch (13-13 au Stade Marquet), on se dit qu'on va peut-être finir mieux. »
Mais la suite a été plus compliquée. « On a eu beaucoup de blessures, le match reporté puis annulé face à Mâcon, des rencontres constamment sous la pluie… Tout ceci a freiné notre élan. Il ne faut pas oublier qu'on a fini le 7 juin la saison dernière et qu'on a repris le 5 juillet. On a donc enchaîné presque deux saisons d'affilée avec une toute petite coupure. Que ce soit physiquement mais surtout mentalement, les mecs étaient rincés. Cela peut expliquer le manque d'énergie dans les derniers matches et cette accumulation de joueurs blessés. »
Des points forts et des faiblesses
Sur le plan du jeu, le manager note des performances contrastées. « On a été performant dans le jeu de mouvement axé sur la vitesse et la capacité à breaker. On n'a rien à envier aux formations du haut de tableau dans ces secteurs-là. Par contre, on n'a pas été assez bon sur les phases de conquête. La mêlée a été moyenne « plus ». La touche moyenne « moins ». On n'a pas été performant sur la discipline. Le ratio de ballons portés offensifs par rapport aux défensifs où l'on a encaissé beaucoup trop d'essais, a été faible. Ces secteurs-là ont été d'autant plus pénalisants qu'on a souvent joué dans des conditions humides. On a beaucoup de statistiques qui prouvent qu'on n'était pas dans les clous. »
La jeunesse, un motif de satisfaction
L'intégration des jeunes joueurs issus de la formation seynoise est le point positif de la saison. « On a utilisé 48 joueurs. Parmi eux, il y en avait 20 qui découvraient la division. Ils ont donc accumulé une expérience qui sera précieuse pour l'avenir. Il y a aussi 20 joueurs qui sont passés au moins par la catégorie junior du club. Si on y ajoute le super parcours de l'équipe espoir qui est opposée à Nantes en quart de finale ce dimanche 3 mai, on se dit que l'objectif de sortir des joueurs issus de la formation locale n'est pas un vain mot. Il y a un vrai travail de fond. Et on le prouve par des actes. »
Ces jeunes représentent l'avenir du club. « Il y a aussi cinq joueurs de l'équipe fanion qui ont l'âge des espoirs qui ne peuvent pas participer aux phases finales car ils ont fait trop de matches en N2. Je pense à Garcia, Troia, Saragossi, Vincent et Elleinstein. C'est pourquoi j'insiste sur cette expérience accumulée cette saison avec autant de jeunes joueurs. Idem pour le staff. Sonny, Virgile et moi-même avons seulement 36 ans. On serait encore en âge de jouer (rire). Nous aussi, on continue d'apprendre. »
Des changements dans le staff et des défis financiers
L'entraîneur des avants Virgile Bruni est annoncé sur le départ. « Cela a été une super expérience humaine. On se connaît très bien car on avait joué ensemble. Mais pour des raisons économiques, le club a fait le choix de ne pas poursuivre l'aventure. La saison prochaine, on sera donc Sonny et moi pour entraîner respectivement les trois-quarts et je récupère le jeu d'avants. »
Le budget devrait baisser de 300 000 euros pour revenir à un million d'euros. « Déjà, je tiens à préciser que cette saison, on avait la plus petite masse salariale de la poule consacrée à une équipe fanion. La saison prochaine, on va encore baisser la dotation de 30 %. À partir du moment où on s'est maintenu en Nationale 2, je travaille aujourd'hui sur la construction d'un effectif pour la Nationale 2. Avec des contraintes financières énormes qui obligent à une réorganisation importante. »
Des départs (Caïque-Sylva, Yborra, Salvetat, Lo Bono, Boulahsen, Alarcon, Graulier) seront compensés par des jeunes du club et trois ou quatre recrues à fort potentiel (deux piliers, un deuxième ligne, un trois-quart polyvalent).
Vers un changement de gouvernance
Un conseil d'administration doit trancher sur le maintien en N2 ou une descente en Fédérale 1. « Ma position est que sportivement les minots sont allés chercher leur accession en 2025. Ils se sont maintenus en 2026. Décider de les faire descendre car administrativement on n'est pas bon, je trouve que ce n'est pas juste. Avec la stabilité de notre effectif et l'expérience accumulée, je me dis qu'on peut encore exister en N2. Mais il est évident que la logique économique est aussi primordiale et qu'on ne peut pas mettre le club en péril. On se pliera donc aux décisions qui seront prises. »
Par ailleurs, un changement de présidence pourrait intervenir : Florian Beguine laisserait sa place à deux chefs d'entreprise, l'un seynois, l'autre ancien rugbyman. Le référent de l'école de rugby, Hugo Alarcon, ne sera pas reconduit, remplacé par Pier-Nicol Feldis et Didier Bonnabel. Les décisions devraient être officialisées rapidement.



