Paris disparu : les clichés d'Eugène Atget exposés
Paris disparu : les clichés d'Eugène Atget exposés

Le musée Carnavalet, à Paris, consacre jusqu'au 31 octobre une exposition aux photographies d'Eugène Atget, intitulée « Eugène Atget, une rétrospective ». Cette exposition réunit plus de 200 tirages issus des collections du musée, offrant un parcours dans le Paris du tournant du XXe siècle, avant que les transformations urbaines ne modifient en profondeur la capitale.

Un témoignage unique du vieux Paris

Eugène Atget (1857-1927) a consacré plus de trente ans de sa vie à photographier les rues, les boutiques, les hôtels particuliers et les petits métiers de Paris. Ses clichés, pris entre 1898 et 1927, constituent un inventaire précieux d'une ville en pleine mutation, à l'heure où le baron Haussmann avait déjà ouvert de larges avenues et où la modernisation gagnait les quartiers anciens.

L'exposition met en lumière des quartiers aujourd'hui disparus, comme les passages couverts, les cours d'immeubles insalubres ou les enseignes de commerces qui ont laissé place à d'autres activités. Les photographies d'Atget, souvent prises tôt le matin, capturent une ville presque vide, où les rares passants semblent figés dans un temps révolu.

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Un regard documentaire avant l'heure

Atget n'a jamais revendiqué le titre d'artiste. Il se présentait comme un « documentariste » et vendait ses tirages à des artistes, des illustrateurs ou des institutions. Ce n'est qu'après sa mort que son œuvre a été redécouverte, notamment par les surréalistes et par la photographe américaine Berenice Abbott, qui a contribué à la faire connaître.

Le musée Carnavalet conserve la plus importante collection d'œuvres d'Atget, avec plus de 8 000 clichés. L'exposition actuelle en présente une sélection, organisée par thèmes : les métiers, les enseignes, les vieux quartiers, les jardins, ou encore les vitrines. Cette approche permet de mesurer l'ampleur du travail de l'artiste et la diversité de ses sujets.

Une plongée dans la mémoire de la capitale

Les visiteurs pourront découvrir des images rares, comme celles des dernières maisons de la zone, des fortifications détruites après la Première Guerre mondiale, ou encore des scènes de la vie quotidienne dans les quartiers populaires. Atget a également photographié les grands monuments, mais toujours avec un regard singulier, privilégiant les détails, les textures et les atmosphères.

Cette exposition s'inscrit dans une série d'événements célébrant le centenaire de la disparition de la ville ancienne, et rappelle l'importance de la photographie comme outil de mémoire. Elle permet de confronter le Paris d'aujourd'hui aux images d'un passé à la fois proche et lointain, et de mesurer les bouleversements urbains qui ont façonné la capitale.

Le commissariat de l'exposition est assuré par Sylvie Aubenas, directrice du département des photographies de la Bibliothèque nationale de France, et par Anne de Mondenard, conservatrice au musée Carnavalet. Le catalogue, publié aux éditions du musée, reprend l'ensemble des œuvres exposées et offre une analyse approfondie du travail d'Atget.

L'exposition est ouverte du mardi au dimanche, de 10 heures à 18 heures. Le tarif plein est de 7 euros, et l'entrée est gratuite pour les moins de 18 ans. Les réservations en ligne sont recommandées, les jauges étant limitées pour garantir une visite confortable. Cette rétrospective constitue une occasion unique de redécouvrir un photographe majeur, dont l'œuvre continue d'influencer les artistes contemporains.

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