À l’occasion de la Nuit européenne des musées, ce samedi 23 mai, le musée des Beaux-Arts de Libourne ouvre ses portes en soirée. Derrière l’événement se pose la question de la place et du rôle des musées sur le territoire. « Avoir un musée, c’est une question d’opportunité. Il faut au préalable une collection d’œuvres et celle de Libourne est unique en son genre », explique Caroline Fillon, conservatrice du musée.
Un musée fondé en 1818
Dans le Libournais, les musées restent peu nombreux. Celui de Libourne occupe une place à part dans le paysage culturel. Fondé en 1818 à l’initiative d’Élie Decazes, alors ministre de l’Intérieur et proche de Louis XVIII, l’établissement reçoit dès son ouverture plusieurs dépôts en provenance du musée du Louvre. « On a une collection royale à Libourne, c’est unique », souligne Caroline Fillon. Au deuxième étage de la mairie de Libourne, les visiteurs peuvent notamment admirer Atalante et Hippomène du peintre italien Guido Reni, retrouvé en 2022, Jésus chassant les marchands du temple de Bartolomeo Manfredi, ou encore La Pentecôte du graveur et peintre français Nicolas de Plattemontagne.
Un patrimoine riche et diversifié
« Le patrimoine est riche dans le Libournais, entre les sites remarquables ou préservés, les jardins, la bastide ou encore la Confluence. Que ce soient les sites patrimoniaux ou le musée, tous contribuent à l’attractivité du territoire », relève Caroline Fillon. À cela s’ajoute le déploiement de dispositifs comme la Micro-folie, musée numérique implanté à Sainte-Foy-la-Grande. Pour la conservatrice, la question n’est donc pas tant celle du nombre de musées que de leur rôle. Car ils ne se résument pas à des lieux d’exposition. « Ce ne sont pas des coquilles vides », insiste-t-elle.
Les missions des musées ont évolué
Conservation des œuvres, transmission des savoirs, médiation culturelle auprès des scolaires et des visiteurs : les missions des musées ont évolué au fil du temps. « Ils ont un rôle à jouer dans la société. Ce sont aussi des lieux où les œuvres anciennes comme contemporaines nous permettent de porter un autre regard sur le monde », rappelle Caroline Fillon. D’autant que le musée des Beaux-Arts et d’archéologie de Libourne bénéficie du label Musée de France, attribué aux établissements chargés de conserver, étudier et valoriser leurs collections. Une reconnaissance qui implique des moyens humains, scientifiques et financiers. « On ne fait pas que de l’administratif, on fait aussi de la régie des œuvres, c’est-à-dire la recherche de provenance des tableaux. On a pu travailler sur deux œuvres spoliées durant la Seconde Guerre mondiale », précise la conservatrice.
Éviter la surenchère de propositions
Dès lors, multiplier les musées ne constituerait pas forcément une réponse adaptée pour le territoire. « Il ne faut pas créer des lieux superficiels juste pour l’envie d’en créer », résume Caroline Fillon. L’enjeu est surtout de mettre en réseau le patrimoine existant afin de toucher et fidéliser les publics, tout en évitant la « surenchère de propositions ».
La Nuit des musées, un temps particulier
Dans ce cadre, la Nuit européenne des musées apparaît comme un temps particulier. « Ses horaires atypiques permettent d’attirer des visiteurs qui ne franchissent pas habituellement les portes du musée », explique Caroline Fillon. Elle conclut : « On propose une activité inédite samedi soir, une visite à la lampe torche, pour découvrir les collections dans l’obscurité. » Visites gratuites et animations au musée des Beaux-Arts samedi 23 mai, de 18 à 22 heures. Renseignements sur libourne.fr.



